Chapitre 2 : Guerre des Gaules (Alesia -52)

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Les gaulois se réunirent à la nuit tombée devant les grandes portes d'Alésia. Nous nous préparions pour la bataille finale. Celle qui déciderait de l'avenir de notre peuple. Certains aiguisaient leurs épées alors que d'autres harnachaient les derniers chevaux qui n'avaient pas été mangés lors du siège. Un homme s'approcha près de moi, un carnyx dans la main. C'étaient des trompettes monstrueuses, permettant d'effrayer l'ennemi. Mais je doutais que les romains prennent peur. César était bien trop sûr de lui pour cela.

J'avais pris soin de dissimuler mes cheveux sous un casque en bronze, histoire de ne pas attirer l'attention et de me déguiser en homme. Ni mon père, ni Brennos ne devaient me reconnaître. Celui-ci se tenait un peu plus loin, devant moi, brandissant une lance. Il mit à son tour son casque sur sa tête et porta son attention sur mon père. Vercingétorix tenait sur un magnifique étalon bai. Il faisait face à tous les soldats qui s'étaient réunis. Il devait leur insuffler du courage.

- Atrébates ! Eduens ! Séquanes ! Arvernes !

Des hurlements de guerre retentirent à chaque nom de tribus qu'il prononçait.

- Aujourd'hui, nous sommes tous unis ! Ensemble nous vaincrons une bonne fois pour toute les Romains comme nous les avons battu à Gergovie !

Des cris de joie éclatèrent dans les rangs. Je n'avais pas pris part à la bataille de Gergovie, mon père m'ayant empêchée de me rendre sur le champ de bataille. Il ne m'empêcherait pas de me rendre sur celui-là.

- Je suis fier de me battre à vos côtés ! Fier d'être gaulois !

Les soldats levèrent leurs lances, leurs épées en l'air, hurlant à chaque mot que prononçait mon père. J'avais les yeux rivés sur lui. J'étais si fière.

- Aujourd'hui, nous devons gagner ! Nous devons gagner pour nos fils et nos filles ! Pour cette terre qui nous a vu naître !

Vercingétorix sortit son épée. Les gaulois l'imitèrent. Je sortis également la mienne, me préparant à la charge.

- Ce soir, je ne redoute plus la peur. Je ne redoute plus les Romains, ni César ! La Gaule ne sera jamais une province romaine ! Jamais !

A ce dernier cri, les portes s'ouvrirent et mon père talonna son étalon vers la plaine. Le cheval partit au galop alors que les Gaulois s'élançaient derrière leur chef, un cri de rage au cœur. Les trompettes sonnèrent. Je me ruais à mon tour vers les romains, vers la guerre, un cri de rage sortant de mes lèvres.

Le choc fut brutal. Les Romains avaient posé leurs boucliers devant eux, dans une formation défensive. Je vis simplement mon père bondir au-dessus de leurs boucliers puis il disparut de mon champ de vision. Je ne me décourageais pas.

J'attrapais la première flèche de mon carquois et visais les romains qui se tenaient dans les tours de fortifications autour de la ville. Un tomba. Suivi d'un deuxième. Pourtant, je cherchais sans relâche mon père du regard. Je savais qu'il n'avait pas besoin de mon aide mais je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter pour lui.

Soudain, j'aperçus du coin de l'œil un romain courir dans ma direction. J'esquivais sa lance d'un saut agile sur le côté. Je pris appui contre l'arme du légionnaire et, d'un bond, lui enfonçais une de mes flèches dans la gorge. Le soldat tomba sur le sol, sa bouche émettant des gargouillis effroyables. Je n'eus pas le temps de reprendre mon souffle qu'un autre fonça sur moi avec un cri de guerre. Je bandais mon arc et le tuais avant qu'il n'ait eu le temps d'arriver jusqu'à moi.

Je jetais un regard rapide sur la scène. Nous gagnions ! Les Romains, attaqués de toute part, commençaient à céder, d'autant que mon peuple réussissait à combler les obstacles. La cavalerie gauloise s'élança alors dans un cri de rage sur les romains, brandissant leurs javelots en avant. Les cris fusaient de partout sur le champ de bataille mais personne ne faisait attention à moi.

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