l'aube à la couleur du péché

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Principalement inspiré de Sari d'Orcino de Feu! Chatterton.

L'herbe est humide sous mes pieds. Mes orteils peint de blanc sont les seul chose qu'on voit dans le vert des herbes hautes. Tu ris près de moi. Ça gagne toujours tout ton visage. Je tends la main vers lui pour être sûre qu'il ne soit pas un rêve, un mythe, une illusion, un être entièrement crée par mon esprit. Ma main est multicolore. Les balles de peinture avec lesquelles nous avons joué ont éclaté, colorant nos bras, notre cou, mes cuisses, ton torse, nos visages. Tu tends ta main vers moi. J'entrelace nos doigts. On marche en se tenant la main.

Il est tard. Il est tôt. Très tôt, beaucoup trop. Je ne sais plus. L'alcool fait danser mes idées. Puis c'est toi, ou bien c'est moi, mais nous voilà qui dansons dans l'herbe fraîche. La musique de la soirée résonne encore dans nos oreilles. Je te renvois m'enlacer. Juste sentir tes lèvres dans mon cou, le parsemant de baisers alors que j'ondule sur la musique. Mon torse contre ton dos. Actuellement c'est plutôt ma tête contre ton torse. Pourquoi t'es si grand ?  On danse un slow assez approximatif. Je respire ton odeur, ton parfum. Ta chemise est encore trop largement ouverte, je finis par y être habituée. Être habituée à voir ton torse bien dessiné sous mon regard en permanence.

Je suis beaucoup trop petite. Ça te fait rire. Tu ris beaucoup ce soir. T'as trop bu ce soir. T'es trop beau ce soir. Tu me soulèves de sorte à ce que je sois sur tes pieds, comme une enfant. Ça te fait encore plus ricaner. Je tape doucement de mon poing ton torse coloré. Tu continues de te balancer d'un côté à l'autre. Je suis ton mouvement, je n'ai pas le choix. Tes mains sont sagement posées sur mes hanches. Par moment, elles descendent un peu mais un coup sur ton épaule te rappelle à l'ordre ; du moins jusqu'à ce que le soleil se lève.

La boule de feu rend le ciel rose. Ça fait des reflets bruns clairs dans des cheveux. J'en frissonne. Bordel, ne me souris pas comme ça, je ne peux pas le supporter. Tes yeux pétillent grandement. Tu passes tes mains sous ma robe orangé. Tes mains frôlent mes cuisses. Elles surlignent le tatouage qui entoure le haut de ma cuisse. Ses fleurs qu'elles connaissent par cœur. Tu continues de monter tes mains sous le tissu de mon vêtement. Tout en haut. Jusqu'à frôler ma culotte, que tu abaisses un peu au niveau de ma hanche. Tu dévoiles pour tes doigts tes initiales gravées dans ma peau dans ton écriture.

La soleil se lève encore. Tu relâches tout. Tes mains se retrouvent sous mes fesses et tu me portes. Mes jambes s'enroulent autour de ta taille et mes mains parcourent ton torse tatoué. Tu souris contre mon cou. Tes boucles chatouillent ma peau peinte. Les multitudes de couleurs qui l'enveloppent me fait me sentir différente. J'aime te sentir près de moi.

Je plonge sur tes lèvres. Tu emprisonnent les miennes. Ta bouche à un goût de melon. La mienne à un goût d'alcool sucré. Ma langue joue avec la tienne. Tu nous fais tourner. Tu nous fais encore danser. Comme la première fois. Comme une première fois. Mes mains restent en surface de ta chemise, les tiennes en surface de ma robe. Tes lèvres ne quittent à aucun moment les miennes.

Tu souris. Je le sais car, ma main gauche sur ta joue sent le creux qui s'y est formé. Ce constat me fait sourire aussi. Alors nous sourions comme deux idiots en s'embrassant. Mon front ne quitte pas le teint alors que tes lèvres se séparent des miennes. Le vent agite nos cheveux. Tu ris doucement. Ton rire part de ta gorge, je me nois dedans.

Tu me reposes avec douceur sur le sol.  Je remonte sur tes pieds. Mes mains emprisonnent ta nuque, je ne lâche pas le collier que tu as autour du cou. Je fais glisser la chaîne entre mes doigts. Je n'admire que toi. Je me nourris de toi. Peu importe ce que nous offre le monde, s'il m'offre toi pour toujours. Doucement, nos lèvres se retrouvent et, seulement en cet instant, je me sens moi, je me sens bien. Quand tu fermes tes yeux émeraude, quand je ferme les miens pour mieux te sentir sous mes doigts, pour mieux sentir tes lèvres.

Ton odeur de melon envahit mes narines. Tu es un appel aux péchés. Si beau, ton torse qui se soulève au rythme de ta respiration sifflante, ta chemise trop ouverte, tu es un appel à la luxure. Le goût de ta peau, si juteuse, si fruitée est un appel à la gourmandise. Et là, te détachant sur ce ciel rose, avec ton air angélique, tu es mon ange à moi.

Je serre encore plus les paupières. Mes mains parcourent encore ton torse tatoué, coloré. Te retenir, je veux te retenir. Je veux que tu restes, s'il te plaît. Écoute ma prière, je t'en supplie. Ô mon ange, reste avec moi. Je ne veux partager ce moment avec personne. Juste aujourd'hui, juste ce matin, ne sois à personne hormis moi. Qu'importe toutes les autres beautés du monde, si je peux encore et encore et encore te voir là. Négligé, enfantin, toi-même. Si je peux encore et encore et encore t'admirer dans le soleil levant, mes lèvres ne lâchant pas les tiennes.

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