24/09/2018

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Lorsque mes pieds traînaient sur le trottoir menantjusque chez moi, le soleil déclinaient derrière les bâtiments effrités. Je nepeux m'empêcher de penser à ce que je dois faire pour les prochains jours, àmes cheveux presque gras. Le froid du bitume et de l'air sale me faisaitrelever les épaules. L'air est froid ici. L'air n'est pas des plus chaleureux.L'air, même quand je l'inspire profondément, ne sent rien de bon et defrais. La maison n'est plus très loin, au bout de la rue, juste derrière la placequi ne sert plus à rien maintenant. Je lève les yeux, prenant garde à ne pasralentir le pas, et vois quelques rayons de notre pâle soleil transpercer les pylônes électriques en béton. Des tours qui s'enchaînent parfaitement, toutesadroitement reliées par des lignes noires si souples qu'on dirait de l'encre.C'est beau, tant de régularité, de droiture, dans ce qui ne pourra jamaisvivre. Ma digression sur les poteaux prit fin alors que ma gorge me parut sècheau point de devoir me la racler. Quand j'étais petite, me racler la gorge étaitun tic, et Dieu seul sait combien de fois mon père m'a fait les gros yeux,parce qu'en moins d'une minute, j'avais dépassé les cinq irritants raclements...Maintenant que j'y repense, ça me fait sourire. Plus qu'un passage piéton etquelques mètres. Je ne sens plus la froideur de cette journée, j'ai dû m'yhabituer. Je tente de chasser du mieux que je peux les quelques restes defatigue qui me colle à la tête, heureusement que je n'ai pas de poches tropmarquées. Pourquoi chasser la fatigue ? D'abord parce que je dois aider àla maison, ce n'est pas en étant molle que j'y parviendrais. Ensuite, etsurtout, parce que si je parais fatiguée j'aurais l'honorable droit àl'interrogatoire de mon père toujours inquiet. Mais aussi parce que ça m'énervede me voire ralentie par le sommeil qui m'appelle. On tourne la clé et... voilà.Le sons de la télé, la porte arrière ouverte offrant sa vue étroite sur lejardin, ma belle mère au téléphone, le carrelage, le blanc des murs quiétouffent le pouvoir sonore du poste télévisé, la chienne qui se dandine pour me fairela fête, je lui sourit, mon père lui ordonne d'aller dans son panier et je disbonjour. Chez moi. Chez moi c'est comme ça. Pour le moment. Parce que ça changebeaucoup. Là on est en travaux, et on change également le mobilier. Choseétrange que j'ai pu observer : le changement de meubles implique unchangement des habitudes. Depuis deux ou trois semaines, nous avons acquis unnouveau canapé noir, très beau. Très confortable. Tant agréable à l'assise quemes parents aiment s'y asseoir quasiment tout le temps où ils ne font rien, oun'ont rien à faire. Et puis, bien entendu, l'amie fidèle de cet objetabsolument délicieux, toujours active dans son divertissement visuel et sonore,la télévision. Toujours active. Même quand personne n'est là pour l'admirer, etla chérir de commentaires après ce qu'elle présente. Et j'avoue avoir un peu demal par moment avec cet écran parlant. Quand j'étais plus jeune, j'adorer lesSimpson, maintenant j'aime les séries comme The big bang theorie, ou Americandad, ainsi que quelques programmes d'info comme le Quotidien. Mais des émissionsintéressantes telles que celles que j'ai citées sont rare, un peu trop à mongoût, et je trouve que l'on perd énormément de temps quand l'on se laisse allerà des prélats tels que ceux que nous permettent ces meilleurs amis. Bon,j'exagère peut être, ce n'est pas si diabolique, après tout, ce truc que l'onveut toujours rendre plus fin reste un média. L'heure tourne, j'aimerai continuercet écrit mais la douche, dans un supplice n'attendant que mon attention,m'attire irrésistiblement. Mes cheveux n'attendent que ça.

Chroniques d'une fille paumée.Read this story for FREE!