Chapitre 8 : « Cheval Jean démasqué »

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Précédemment dans « Les Mizer Heroïks » :


La défaite de à Waterloo a sonné le glas de l'utopie républicaine. Napoléon, a été arrêté par les forces de la CEE et exilé sur l'île de Sainte Hélène. Nombre de ses partisans l'ont rejoint sur ce caillou du bout du monde, encerclé par une armée d'automates.


Les autres, plus chanceux, ont choisi de rejoindre les rangs de la résistance ou de disparaître dans la foule des anonymes. Se sentant de nouveau abandonné par le PDG de la France Sans Frontière, Cheval Jean a préféré la seconde option : cesser la lutte.


Ramené à la vie par Le Rat, Cheval Jean a pu échapper aux monarchistes. Il a ensuite atteint sa résidence avant les hyènes monarchistes et sauver ce qui pouvait l'être. Et, grâce à la vente des chandeliers de l'évêque Bienvenu, qu'il avait confié aux bons soins d'un banquier, il a ouvert une boutique à Montreuil-sur-Mer. Cheval Jean exerce désormais une petite affaire commerciale, sous le nom de M. Madeleine.


Napoléon a perdu une nouvelle bataille, mais il n'a pas perdu la guerre. Napoléon est l'élu de la Nation. Car il faut bien un homme fort pour gouverner un grand État. Une volonté d'acier pour résister aux mensonges et aux pressions des royalistes de tout bord : Russes, Autrichiens, Prussiens, Italiens, Espagnols, et surtout Britanniques. Les Britanniques, les plus grands adversaires de la démocratie. Ce sont eux qui, depuis la prise de pouvoir du PDG corse, ont fait pression auprès des autres couronnes européennes. Napoléon ne voulait pas la guerre, ce sont ses voisins qui l'ont obligé à se battre. Napoléon voulait donner sa chance à tous, quelque soit leur acte de naissance. Mais cette idée, audacieuse et disruptive, inquiète les puissants. Napoléon voulait offrir une terre à ceux qui sont nés sans rien, notamment les Miraculés. Tel est le rêve bonapartiste, celui d'une France Sans Frontière, une Républiques unie des nations européennes. Hélas, les britanniques ne veulent pas que les Mécréants, ces mizéreux, souvent issus du petit peuple, jouent un rôle économique et politique. Ils sont trop imprévisibles, contrairement aux nobles ou aux bourgeois. Les Britanniques ne veulent pas non plus de ce Napoléon qui bouleverse l'échiquier continental et menace leur empire.

Tant pis si Napoléon a été battu. Il n'est pas abattu, il n'est pas mort. Et son rêve ne s'est pas envolé. Le peuple n'a pas oublié l'espoir que le Président Dictateur Général-en-chef leur a prodigué. D'autant que cette immonde limace de Louis Dit-Oui-bis accomplit le triste exploit de faire pire que lors de son précédent règne, avant la courte parenthèse de la République II. Pour tout dire, Louis Dit-Oui-bis est le souverain le plus médiocre que la France ait connu, plus médiocre encore que Louis XVI. Louis Dit-Oui bave plus qu'il ne parle. Il a rétabli les privilèges de caste, a décrété la chasse aux Mécréants, pille les greniers et les terres fertiles. Les Français souffrent de la faim, de la maladie et du froid. Bien plus qu'en 1789. Et cet abruti de roi ne sait pas que la colère gronde, elle enfle, elle bout... Pour sa décharge, avouons qu'il ne pense pas, il se contente d'exécuter les ordres venus de Londres. La France est au bord de l'insurrection et Louis Dit-Oui-bis est l'auteur involontaire, mais assurément coupable, de ce drame...

Jean n'a pas souhaité rejoindre le maquis et la résistance républicaine. Il préfère attendre le bon moment, celui de l'action. En attendant, il s'est reconverti en inoffensif commerçant. Dans sa boutique, joliment baptisée : « La Fleur au Fusil », il vend des articles militaires. Principalement des prises de guerre qui qu'il a accumulées durant la campagne de reconquête napoléonienne et qu'il a soustrait à la voracité des charognards de la CEE. Des sabres, des épées, des fusils, des uniformes, des chapeaux, des insignes, des gourdes, des bottes, des selles, des ceintures, des cartouchières. En quelques années, il s'est fait une riche clientèle de collectionneurs. Si le nom « Napoléon » est tabou et dangereux à prononcer, il n'en va pas de même des batailles qu'il a menées. Nobles et bourgeois sont fascinés par les campagnes du héros corse.

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