XXIII. orlando

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maintenant tu n'es rien qu'une inconnue, qui connait tous mes secrets.

quatre mois plus tard:

Je regardais la vue depuis le balcon de cette chambre d'hôtel. J'étais au Orlando Royal Palace, un hôtel de luxe non loin de l'appartement que je m'étais loué il y a plus de deux mois. J'étais quelques kilomètres plus loin de mes parents, avec lesquels j'avais passé déjà deux mois après avoir décider de fuguer.

Non, enfaite je ne fuguais pas. J'étais âgée de dix huit ans déjà et dans plusieurs proportions j'étais majeure. Je pensais à ce que j'avais laissé derrière moi, je pensais aux quelques mois que j'avais passés à l'autre bout du pays, à Los Angeles. Et ça me déprimait vraiment, ça me déprimait de savoir que quoi qu'il se passe, ma vie ne ressemblera plus jamais à cela. J'avais laissé une chambre que j'adorais tant, qui avait mon parfum, mélangé à celui d'une jolie blonde. J'avais laissé une belle voiture, dont l'habitacle avait aussi cette même senteur. J'avais laissé un meilleur ami, un garçon en or. Baylor Leroy, qui me manquait tellement. J'avais laissé une belle brune que j'aimais tant, Sullivan, Brooklyn Sullivan. Ma Brooke. J'avais laissé un lycée exceptionnel, un groupe d'amis fusionnel, de beaux visages, de beaux paysages. J'avais laissé tout derrière moi, mais plus que ça, j'avais laissé la femme de ma vie. Oui, ça pourrait paraître pathétique sur le coup, après tout je ne suis qu'une enfant perdue de dix huit ans, je divaguais, hein? Je ne pouvais déduire qui était 'la femme de ma vie' à dix-huit ans, pas vrai? Je ne pouvais pas aimer, hein? Pas d'aussi tôt, non, pas d'aussi tôt. Mais c'est comme ça que je l'appelle maintenant, elle est la femme de ma vie. Et elle est à des milliers de kilomètres de moi et ça me tue rien que d'y penser.

J'avais pensé qu'en l'espace de quatre mois, je l'aurais déjà oubliée. J'aurais déjà réussi à trouver le bonheur autre part, loin d'elle. Mais ce n'est que loin d'elle, que mon cœur se contente maintenant de se consumer. "L'amour, c'est éphémère, princesse. L'amour c'est aussi dur, mais tellement volatile. Ne le consomme pas de cette façon indigne et dégoûtante, consomme le de sorte que tu sois heureuse. Ça peut paraître difficile sur le coup, mais dans moins de deux mois, cette personne, qu'elle soit un 'lui' ou une 'elle' n'aura plus aucune valeur à tes yeux." je me rappelais de ses propos, mot par mot, les propos de celui qui avait décidé de mettre fin à mon rêve californien, et si cruellement, il avait fait une seule chose; il avait acheté un billet d'avion sans retour, vers la Floride. Pour que je puisse retomber dans mes vieux démons, dans les griffes de ceux qui disent être mes parents.

Alors voilà comment ça s'est passé.

Flashback, quatre mois en arrière, Aéroport LAX de Los Angeles:

J'étais assise dans un fauteuil, appréhendant cette voix féminine qui allait annoncer mon vol, annonçant par la même occasion la fin de mon séjour en Californie.

J'avais qu'un livre de poésie avec moi, Hailey me l'avait offert, elle disait que c'était son livre favori, et je l'avais déjà lu deux fois. Il avait sa senteur, et ça me tuait de dire ça mais c'était la seule chose qui me restait d'elle.

Je regardai autour de moi, la chose que je détestais le plus était le fait de sentir une paire d'yeux sur moi. Je détestais être le centre de l'intérêt de qui que soit. J'aimais juste être le monde de Hailey, ça c'était une putain de sensation.

Une jolie blonde me regardait. Blonde, comme Hailey. Elle avait les yeux bleu-verts, des lèvres pulpeuses toutes rosées et une mine toute mignonne. Elle était comme l'intersection de mignon et sexy. Et ça, c'était vraiment sexy. Elle me fit un demi-sourire timide, mais qui avait tout de même quelque chose de malicieux, puis elle baissa la tête. Le fait que son visage si bien sculpté n'était plus dans mon champ de vision avait mit en relief le restant de son corps. Elle était presque irréelle, avec ses courbes parfaites, son petit tour de taille et son ventre complètement plat. Ses hanches étaient bien dessinées et ses fesses avaient l'air divines, tout comme la petite taille convenable de ses seins. Je me retrouvai à me mordre la lèvre inférieure. Elle pourrait faire l'affaire, pas vrai? Je veux dire, elle est assez bien pour me faire oublier Miss Hailey Darlington.

• AIMER HAILEY DARLINGTON •Where stories live. Discover now