XXII. baylor leroy

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POV: BAYLOR

Je regardais Rowan danser devant mes yeux. Elle était tellement belle, tellement pure. Elle ne méritait pas ce qui lui arrivait, elle ne le méritait tellement pas. Cela fait plus de deux semaines que cette folie dure; deux semaines que je ne l'avais plus vue sourire, qu'elle séchait la plupart des cours de Hailey ou qu'elle y venait en retard et y sortit en premier. Deux semaines que des marques ornaient ses avant-bras alors que celles qui ornaient son cou avaient disparu. Deux semaines qu'elle essaye de me fuir aussi, qu'elle essaye de fuir son frère et d'échapper le monde.

Hailey me méprisait, et comme si c'était possible, je sentais que sa haine à mon égard avait grandie. Elle avait l'air aussi maussade que sa belle brune qui l'avait délaissée et à plus grande surprise, pour la première fois depuis que je connais la blonde, j'ai eu de la compassion vers elle.

N'empêche, la personne qui me manquait le plus était ma meilleure amie, Brooklyn, que je voyais de moins en moins. J'aimais beaucoup sa mère, et le fait de savoir qu'elle n'avait que quelques mois avant de décéder me donnait la nausée. Je ne daignais imaginer ce que Brooke ressentait.

Tout le monde avait pensé que j'avais un faible pour Rowan. Et c'est vrai, Rowan est une fille adorable, je l'avais aimée dès le moment où je l'avais rencontrée il y a quelques mois. Elle était souriante, radieuse, et de loin l'une des plus belles filles que j'ai connues. Elle avait un aura intriguant et cordial qui faisait que l'on se sentait à son aise à ses côtés, mais aussi, qui donnait envie à votre personne de vouloir connaître la jeune femme, de vouloir faire partie de sa vie. En effet, j'ai voulu faire partie de la vie de Rowan, je voulais être son acolyte, son allié, celui qui lui remontait le moral, celui qui la rendait heureuse, qui la faisait sourire, ou rire. Parce que, dieu, son sourire était à couper le souffle, l'écho de son rire était un plaisir pour mon ouïe. Elle était tellement précieuse. Mais ce que le monde ne savait pas, c'est que ce n'était pas de Rowan que j'étais amoureux, Rowan avait toujours été comme une soeur à mes yeux, une soeur qui divaguait, qui avait besoin d'une figure masculine à ses côtés, qui avait besoin d'un meilleur ami, d'un mur ferme sur lequel elle pouvait s'adosser sans jamais qu'il s'écroule. Je voulais être ce mur là. Mais je ne voulais pas être impliquée avec elle d'une manière romantique.

J'avais merdé, vraiment. J'avais complètement merdé en laissant tout le monde penser que j'étais amoureux d'elle, juste parce que je voulais cacher le fait que j'étais amoureux de quelqu'un d'autre. Mais pourquoi divulguer son amour à quelqu'un quand on sait que ne pourra jamais avoir cette personne de toute façon? L'Amour, l'Amour avec un grand A, était après tout fait pour être mutuel et réciproque. Comme celui que partageaient Hailey et Rowan, c'était un amour fusionnel, intense, unique. Un amour à vous rendre jaloux, parce que vous ne l'aviez pas, parce que vous ne l'aurez jamais. L'amour non partagé est la chose la plus douloureuse qu'il soit, mais il y avait pire, il y a toujours pire; quand cette personne que vous aimez, ne vous regarde pas, ne vous sent pas, ne sait pas ce qu'il se passe au fond de vous, ne sait pas que votre coeur ne bat que pour elle, que quand elle vous approche, il commence à perdre pied, et que vous, vous perdez la raison. Elle ne sait pas tout ça elle, elle est tellement insouciante, tellement peu délicate.

La belle brune se jeta sur moi subitement, ne faisant sortir de mes pensées insensées, je la tins fermement avant que son corps en sueur ne puisse s'écrouler au sol du bar dans lequel je l'avais emmenée. Ses yeux bleus étaient vifs, frappants, trop frappants même. Ils traduisaient tout un tas de choses, d'émotions, de sentiments. Ils en disaient long sur ce qu'elle ressentait, ils miroitaient dans la pénombre, une lueur criarde de tristesse, mélancolie, s'en dégageait. Elle me faisait de la peine, vraiment. Toute personne ayant pris le temps de la fixer, de la regarder une seconde de plus que d'habitude - ce qui n'était pas manquant, puisque la moitié de la boîte la dévorait du regard tellement elle était attrayante - aurait su qu'elle peinait, qu'elle était chagrinée, qu'on l'avait détruite, qu'elle manquait d'un amour qui lui avait été retiré si cruellement, si rapidement.

• AIMER HAILEY DARLINGTON •Where stories live. Discover now