XII - I DON'T WANNA DIE

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Chapitre mis à jour _____

Norvège 1872


« Le plus jeune des frères, qui était bossu et laid comme la pire des bêtes, se mit en route à son tour sur le plus beau des chevaux qui restait. Il emporta avec lui... »

― Monsieur ?

Terrence releva la tête, la nourrice, Bentje, se tenait droite devant lui, un sourire attendri creusant son visage parcheminé.

― Je crois qu'il est inutile de poursuivre , mademoiselle est déjà profondément endormie.
Le jeune homme baissa les yeux sur la petite créature lovée contre lui. Ses paupières closes et sa respiration régulière confirmaient les dires de la vieille femme.

― Je vais continuer de lire un peu. J'aime bien cette histoire. Qui sait, elle m'entendra sans doute dans son sommeil.

― Penses-tu, Terrence ?

Le comte redressa la tête et vit Bentje sortir un grand couteau de sous son tablier, un sourire sadique se peignant sur sa figure.

― Bentje... ?

Elle fondit sur lui en un éclair. Le temps qu'il parvienne à protéger Sara, il ne la sentait déjà plus au creux de ses bras. Elle s'était évaporée. Il la chercha du regard, affolé.

Poignardée, elle gisait sur l'immense tapis persan, les yeux voilés et exorbités d'horreur. Elle était nue et recouverte de terre et de feuilles de chêne. Un vent glacé souffla dans la chambre, faisant vibrer les courtes mèches de l'enfant autour de son visage figé.

Terrence sentit la plaie se rouvrit dans sa cage thoracique. Il chercha son air. Il n'y avait plus de nourrice dans la pièce, plus d'arme... Seulement le froid, cinglant et dévastateur. Il restait Sara, son père agenouillé près du petit corps et le vide. Celui qui laissait faible et impotent.

Il posa les yeux sur ses mains, du sang les recouvrait, coulant le long de ses avant-bras, souillant sa chair et le pénétrant de son odeur âcre et métallique.

Son cœur se mit à cogner, cogner, cogner, s'emballant dans une course folle, étouffant l'oxygène dans sa gorge, l'essoufflant, le pressant d'aller plus vite, de survivre...

Saisi d'effroi, il s'accrocha à la figure pâle étendue sur le sol, on aurait dit qu'elle dormait, paisible. Ses paupières clignèrent soudain. Terrence recula brutalement, d'instinct, sa poitrine hurlant d'un chaos rugissant.

Il s'éveilla en sursaut dans son lit. Terrorisé et perdu, il suffoquait comme s'il avait été traqué durant des kilomètres, sa peur morbide creusant plus profondément sous son plexus.

Machinalement, il leva ses mains pour aviser l'hémoglobine qui le maculait. Mais il n'y avait rien, évidemment. Elles étaient seulement douloureuses d'avoir trop serré les draps. En touchant sa peau, il sentit sous ses doigts l'empreinte de ses ongles dans la chair de ses paumes, mais pas de sang...


France 1876

Ranald donna un coup de pied dans le ventre de l'homme allongé par terre. Ils l'avaient trainé jusque dans la cour arrière d'un vieux bâtiment inhabité, à moitié sonné. Il faisait nuit noire à présent. Le pourceau gémit en roulant sur le flanc et un bruit singulier se fit entendre en provenance de son estomac, puis un autre, beaucoup moins gracieux.

Une odeur nauséabonde monta, âcre. James et Ranald grimacèrent de dégout. Ce type n'avait donc aucun contrôle sur ses sphincters !

― Mo Chreach, Ran, il se fait dessus ! se plaignit Jaimie en se couvrant la bouche de son avant-bras tout en s'éloignant :

La lignée des reines  - (Terminée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !