24.3. If it aint love

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LIAM

Elle et sa petite bouche insolente, putain.

J'avale mon vin cul sec, appréciant sa légère brûlure dans ma gorge. Son regard pèse sur moi, aussi plein d'espoir que de désir.
Je sais qu'elle veut que je cesse de la traiter comme une poupée en porcelaine, mais je n'arrive pas à m'y résoudre. Et il y a tant de choses que j'aimerais lui faire sentir et découvrir. À commencer par caresser ses mamelons qui pointent à travers le tissu de sa robe sans même qu'elle s'en rende compte.

Une soudaine envie de dénuder sa poitrine pour découvrir leur couleur assèche ma bouche. Mince.

— Mika, on... on a beaucoup bu, tous les deux. Ce soir, ce n'est pas une bonne idée de... jouer comme ça.

Je tends la main vers la bouteille de vin pour me resservir, mais me ravise. Il faut qu'il y ait au moins quelqu'un de lucide entre nous. Et dans ce cas... ce sera moi.

Elle gémit, se mordille la lèvre et baisse les yeux.

Est-ce que, sans alcool, elle m'aurait demandé la même chose ? C'est tout ce dont je veux être certain.

Lorsque la serveuse passe à côté de nous pour prendre la commande d'une table dans mon dos, j'ai envie de lui demander un seau de glace.
Pour ma queue.

— On devrait... rentrer à la maison.

— D'accord, cède-t-elle, d'une toute petite voix.

— La facture, s'il vous plaît, ajouté-je à l'intention de la serveuse qui repasse près de moi.

Vingt minutes plus tard, nous marchons en direction du métro, côte à côte. Ses grands yeux sont attirés par les lumières colorées, la musique et les artistes du festival qui se déroulera toute la semaine. Je me promets secrètement de l'y emmener en fin de semaine. Elle ne semble pas... être en mesure d'accepter ma présence en ce moment.

Le vent souffle tandis que le soleil se couche et déplace mes cheveux et les siens. Je cale mes pas sur les siens, petits, pour rester à sa hauteur alors qu'elle fait de son mieux pour arranger son chignon déjà presque complètement tombé. Ma main crispée sur ma cuisse se détend et j'ose la poser sur sa hanche avec hésitation. Ma paume enveloppe sa courbe douce et la presse tendrement. Elle tressaille un peu, mais se laisse faire.

En silence, elle me laisse la guider et parle encore moins lorsque je paie son billet au guichet. Je la sens vraiment distante.

Nous nous fondons dans la marée de citadins qui descendent les escaliers. Elle les dévale rapidement, si bien que ma main sur sa taille tombe.

— Mika, attends.

Elle me regarde à peine par-dessus son épaule.

Mon cœur se serre. Je l'ai blessée.

Elle met quelques pas de distance entre moi et elle lorsque nous attendons le métro de la ligne verte. Et cette distance me rend juste malade.

Le véhicule s'immobilise dans le tunnel et les portes automatiques s'ouvrent. Mika serre son sac contre son flanc, attend son tour et pénètre un wagon au hasard. Je l'y suis, bien décidé à rompre cette tension. Je dois me pencher pour passer la porte et fais un demi-tour sur moi-même pour la repérer.

Elle est debout à l'autre bout du wagon, les yeux perdus dans le vide et une main accrochée à un poteau pour se stabiliser.

Je contourne plusieurs personnes et me fraye un chemin jusqu'à elle. M'arrêtant à quelques centimètres, je dépose mon sac de travail à mes pieds.

Fifty Shades of a Unicorn - T1Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant