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Quelques tasses de café plus tard, toute la communauté était réunie dans le réfectoire remis en état dans la nuit. C'était donc une cinquantaine de personnes, de tous âges, qui s’apprêtait à commencer une nouvelle vie.

Et toutes attendaient, tournées vers un seul homme, Orry Horner.

Celui-ci n’était sûr de rien et ne savait pas par quoi commencer. Il était doué pour agir, pas pour parler. C’est Rob, voyant son frère peu sûr de lui, qui prit alors la parole. Il expliqua ce qu’ils envisageaient pour cette journée, repérage pour certains, grand nettoyage pour d’autres. Mais le plus important est que chacun devait faire en fonction de ses compétences et de ses possibilités. Les discussions s’élevèrent dans la pièce et il fut convenu que la matinée serait utilisée pour découvrir les environs. Il fut également décidé de se réunir au moment du repas de midi pour partager le déjeuner tous ensemble. L’après midi serait plus propice au nettoyage, bricolage et installation de ce qui avait été apporté.

Alors que certaines personnes se portaient volontaires pour rester afin de préparer le repas, les autres sortirent progressivement de la pièce. Jane regarda ses amis et voisins sortir du bâtiment, puis se dirigea vers Maggie, Jo et Gabe qui discutaient un peu plus loin.

- Alors vous allez en repérage ? demanda-t-elle.

- Oui, tu nous accompagnes ? répondit Maggie d’un ton joyeux.

- Je viens avec vous oui. Je ne voudrais pas que tu prennes la meilleure chambre. Rétorqua-t-elle un sourire en coin.

- Oh mais alors ça y est ? Madame s’est décidé ? Lança Gabe en riant.

- Oh ça va hein, rit Jane en le frappant doucement à l’épaule.

- Les Horner ne l’ont pas mal pris ? s’enquit Maggie doucement, retenant Jane alors que les deux garçons s’étaient mis en marche et avançaient devant elles.

- Non, Isabel et Rob veulent s’installer seuls et Orry va rester avec Hanet pour l’instant. Ils ont compris… enfin c’est ce qu’il m’ont dit.

- Ne t’en fais pas, s’ils avaient eu quelque chose à redire là-dessus, tu le saurais. Tu as parlé à Orry ?

- Oui… ça va aller…

- Bien. Alors tout est bon, on y va.

Maggie entraîna Jane à la suite des hommes qui étaient déjà hors de l’hôpital. Ils descendirent la rue qui passait devant le bâtiment et tournèrent sur la gauche à la première intersection. Ils avancèrent doucement, en silence, observant autour d’eux. Tout était calme, ce qui changeait de ce qu’ils connaissaient. Mais ce qui les interpella c'est que l'endroit avait l’air abandonné, comme si les habitants étaient partis en laissant tout derrière eux.

- On m’a toujours dit que Staten Island avait été rasé, je ne comprends pas comment tout peut être en si parfait état… regardez cette maison, lança Gabe en montrant une grande bâtisse blanche, totalement intacte.

- Je ne sais pas non plus, répondit Jo. Allons voir à l’intérieur.

Les quatre amis se dirigèrent vers la maison, Gabe poussa la porte qui n'était pas verrouillée et ils entrèrent dans un grand vestibule. Il y avait encore de vieux cadres photos accrochés aux murs, les effets personnels d’une famille ayant vécu dans les lieux, des chaussures, des manteaux, des clés, des objets de décoration basiques mais qui semblaient démontrer une certaine richesse, un statut des plus honorables.

- Je pense que les habitants ont dû être évacués, je ne sais pas pour quelle raison, mais ça me semble évident… souffla Maggie.

- Oui et sans pouvoir prendre leurs affaires, ajouta Jane.

Le chant des oiseauxLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant