24.1. If it aint love

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LIAM

J'ai la trique.

Information capitale, d'une importance nationale.

Parce que s'il y a quelqu'un dans le monde qui veut sauter la seule licorne de la planète, c'est bien moi.

Et ne me parlez pas de William. Pas maintenant.
Vraiment pas maintenant.

Je me passe les doigts dans les cheveux avant de les serrer presque douloureusement à la base lorsqu'elle se pavane devant moi pour quitter la bibliothèque.
Elle fait exprès. J'en suis certain

Ou peut-être pas. Mais je parie que si.

J'ai beau rajuster mon pantalon et imaginer Trump sous la douche, mon érection est encore trop visible pour passer inaperçue. Je jure dans ma barbe tandis qu'elle franchit la porte en me jetant un regard de biche angoissé par-dessus son épaule.

On ne peut pas nous voir ensemble, pas ici. Et avec le problème technique au sud, c'est beaucoup trop dangereux. Je risquerais d'y laisser mon stage, et du même coup, la source de revenus la plus élevée de nous six.

Et putain, j'ai autant envie de lui faire l'amour ici et me faire renvoyer que garder mon stage et avoir la chance que Thomas guérisse.
Sérieusement, il faut que je revoie mes priorités.

Ce n'était pas un problème avant qu'elle ne débarque.

En vérité, rien n'était problématique.
J'ai toujours su ce que je voulais et comment l'obtenir. Quoi faire et quoi gérer en ordre de priorité. Et je ne bandais pas comme un puceau à chaque fois que je touchais une fille.
Enfin... ce n'est pas comme si ça arrivait souvent.

Je me frotte le visage pour essayer d'éteindre le désir primitif qu'elle a volontairement allumé en moi.
Mais même si ça diminuait de moitié, je sais que je la désirerais encore infiniment.

Ma tante sous la douche ?

Ma belle-mère ?

Mon père ?

Je frissonne de dégoût. OK, ça, ça marche.

Je m'empresse de quitter la bibliothèque, mon veston accroché sur mon bras cachant volontairement mon entrejambe. Les étudiants s'écartent du passage aussitôt qu'ils me voient.

Je distribue quelques sourires et quelques mots avant de retourner dans les coulisses de l'auditorium pour récupérer mon sac et ma bouteille d'eau réutilisable. Je passe la courroie du sac sur mon épaule et dégaine mon téléphone pour appeler Mika.

Au moment même où je pousse la porte des coulisses  pour quitter quelqu'un m'appelle d'une voix suave :

— Monsieur Jacobs ?

Je m'immobilise et fais volte-face, immédiatement sur la défensive.
Emilia, une des élèves s'étant inscrite aux cours d'été de philosophie, s'approche de moi en balançant outrageusement les hanches. Elle jette ses longs cheveux noirs derrière son épaule et bat des cils.
Je hausse un sourcil.

— Qu'est-ce que tu fais ici ?

Elle s'arrête à quelques centimètres de moi en prenant bien le temps de me mettre son décolleté plein à craquer sous le nez.

Fifty Shades of a Unicorn - T1Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant