21.2. Banana split

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À vingt-heures, je rentre au bungalow qui est relativement calme. Thomas et Laurel sont enfermés dans une chambre, Isabelle est sortie, Liam n'est pas encore là et Colin est allongé sur le canapé avec son téléphone.

Je dépose mon sac à main sur le meuble de l'entrée et accroche mon manteau ruisselant sur les crochets sur la porte.

— Colin, j'ai une bonne nouvelle pour toi.

— La nouvelle saison de Fortnite est sortie ?

— Nan.

— Alors je ne veux pas savoir.

Je glousse et m'assois sur ses jambes couvertes d'un jogging rouge pour attirer son attention. Il grogne, mais ne cherche tout de même pas à me pousser par terre. Alléluia.

— J'aime les bananes.

Il lâche alors son téléphone qui tombe sur son ventre et me regarde, les yeux écarquillés.

— Pour de vrai ?

— Ouais.

— Comment tu peux en être sûre ?

Je hausse les épaules.

— Je sais pas, comment toi tu sais que tu n'aimes pas les bananes ?

— Parce qu'il n'y a aucune banane qui m'a jamais attiré... banane.

— Ben moi, il n'y a pas de pêche qui m'attire non plus. Ça me fascine seulement.

Il pointe un doigt dans ma direction.

— La fascination c'est mal. Je propose... que tu demandes à Isabelle de t'embrasser. Si tu aimes ça... au revoir.

Je retrousse le nez en jouant avec les boutons de ma blouse blanche.

— Bah... je n'ai jamais eu de point de comparaison alors j'imagine que je vais aimer ça hein.

Ses yeux s'écarquillent davantage.

— Tu n'as jamais embrassé personne ?

— Nan.

— T'es vierge à quel point, Mika ?

— Huile d'olive extra vierge. Mais ça je te l'ai déjà dit, je crois. À moins que ce soit à Isabelle ? Je sais plus.

— Waouh.

Il replie son bras et pose son avant-bras sur son front en réfléchissant.
Si je me fie à mon instinct, il prend quand même cette situation au sérieux.

En vrai, je n'arrive même pas à croire que je parle de ça avec la personne qui risque le plus de se foutre de ma gueule : Colin.

— Bon, écoute. Il faut que tu embrasses un mec avant. Parce que sinon, c'est pas drôle.

Je lève les yeux au ciel.

— J'peux pas aller embrasser n'importe qui comme ça.

— Si.

— Nan.

— Oui.

— Non !

Je lui donne une tape sur la cuisse et il remue sous moi en me pinçant le mollet à travers mon pantalon. Je pousse un petit cri et m'empresse de me mettre debout face à lui.

— Je n'embrasserai personne, Colin, affirmé-je d'une voix ferme.

Il tend les bras vers moi, un sourire lubrique sur les lèvres.

— Viens que je t'embrasse.

— Beurk, non !

Il se redresse en position assise en s'aidant de la seule contraction de ses abdominaux.

Fifty Shades of a Unicorn - T1Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant