L'île d'Entrée : le Big Hill

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L’île d’Entrée : le Big Hill (Les îles de la Madeleine)

30 juillet 2003

En juillet 2003, mon mari et moi avons visité les îles de la Madeleine, y passant une merveilleuse semaine à y explorer les villages, les lieux historiques et les nombreuses stations balnéaires. Pour l’occasion, nos cœurs de montagnards se satisfaisaient du terrain plutôt plat et des longues plages que les îles annoncent sur tous les panneaux publicitaires. Les grandes marches sur les millions de dunes prenaient peu de temps et n’apportaient pas de défis importants du côté des grimpées et des descentes.

La plus grosse butte de l’archipel se trouve sur l’île d’Entrée et porte le nom assez significatif de « Big Hill », ou « grosse colline » dans la langue des insulaires. Pour nous, cette expédition devenait un impondérable. Nous devions en faire l’ascension… à tout prix. En soi, il s’agissait d’une randonnée d‘une heure, deux heures si on décidait de contempler la nature du sommet durant un long moment. Rien de vraiment difficile, quoi. Mais c’était sans tenir compte que dans les îles, voyager d’un village à l’autre peut se transformer en ballade... fort compliqué. L’île d’Entrée n’est pas reliée à l’île principale où nous habitions, par une route, un pont ou une dune. Nous avons donc choisi d’aborder cette aventure comme les insulaires vivent tous les jours de l’année, c’est à dire au rythme des bateaux qui partent et qui arrivent.

Ces sorties s’avèrent très populaires et les traversiers sont peu nombreux. Ainsi, nous avions réservé au préalable des places avec la compagnie « Excursion en mer » pour un départ prévu à 10 h 30 le 30 juillet, et ce, sans vraiment savoir à coup sûr quelle température nous aurions. Les prévisions météorologiques nous étaient favorables, mais les îles sont au Québec et, au Québec, le temps est souvent incertain… sur l’archipel, c’est le vent qui peut rendre une visite incroyablement difficile, parfois même impossible… Dans les faits, ce fut l’une des plus belles journées de l’été où la chaleur, le soleil et l’absence de vent ont fait de cette randonnée une excursion inoubliable. Le bonheur total !

Pour accomplir l’aller-retour qui durera plus de six heures, nous nous sommes d’abord rendus à la marina de Cap-aux-Meules, juste sous le fameux cap par ailleurs. Les premiers arrivants y prenaient la pierre qu’ils transformaient en meule pour fabriquer leurs outils ou moudre le grain. L’excitation nous donnant un air fébrile, nous attendons avec une certaine impatience pour payer nos billets. Puis, avec un enthousiasme débordant, nous prenons place à bord du Pélican blanc, un petit bateau qui peut transporter une vingtaine de passagers vers l’île d’Entrée. Le capitaine et notre guide Louis-Charles expliquent d’abord la randonnée en mer et les consignes de sécurité. L’aller entre Cap-aux-Meules et l’île d’Entrée dure environ une heure et nous y débarquerons à 11 h 30. Nous aurons 3 heures 30 minutes pour grimper Big Hill et visiter les autres points touristiques comme l’Église, le cimetière et quelques musées locaux. Puis, à 15 h juste, nous reprendrons la mer pour arriver à Cap-aux-Meules vers 16 h. S’étant assuré que tous les passagers avaient bien compris les consignes, le capitaine démarre les moteurs et, tout doucement, nous quittons le port pour atteindre la pleine mer.

L’océan est comme un miroir sur lequel le vent joue délicieusement à laisser un petit frisson. Nous profitons de l’excursion pour en apprendre un plus sur cette île dont nous nous approchons en discutant avec notre jeune guide. Les habitants sont pour la plupart anglophones. Leurs ancêtres, pêcheurs de métier, se sont installés sur cette grosse roche, que nous voyons droit devant, à leur arrivée en Amérique. Ils avaient quitté leur Irlande natale suite à la famine qui y a sévi lors de la crise des patates dans ce pays. On mourrait par milliers sur leurs terres et, pour survivre, des familles entières se sont implantées un peu partout au Canada. Nous savons maintenant qu’un groupe s’est établi sur cette petite île au cœur du golfe du Saint-Laurent. 

Deux Québécois en vadrouille en montagneLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant