20. Nous ferons (presque) l'amour, pas la guerre

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Le lendemain, tandis que les autres sont au boulot et que Liam dort, je suis dans la cuisine - encore - devant une vidéo Tasty.

Vous savez les recettes de trois minutes sur Facebook super sexy et sophistiquées qui crèvent la dalle et que personne n'est jamais capable de reproduire ? Ouais.

Challenge accepted.

— Du fromage parmesan... OK, ouate de phoque, stop. C'est la cinquième sorte de fromage. Calmez vos nerfs, Tasty, marmonné-je.

Néanmoins, je trouve un dernier morceau au fin fond du réfrigérateur que je m'empresse de râper en chantonnant.

Babe, don't make a sound, 2 A.M. love gotta keep it down, don't wait around for a signal now, gimme some verbs I ain't talkin' nouns...

Et, à ma grande surprise, quelqu'un qui pénètre la pièce termine les paroles de la chanson.

You want a ride in the six, you want a dine in the six. When I lean for the kiss, you said I'll probably send you some pics (1)...

— Oh, mais tu la connais !

Liam m'offre un petit sourire gêné.

— Qui ne connait pas ?

Il se frotte les yeux et s'installe sur l'un des tabourets noirs de l'îlot central. Il se frotte le visage en bâillant. Ses cheveux brun-blond sont tout ébouriffés, son t-shirt blanc, froissé et des cernes foncés creusent le dessous de ses yeux. En versant le mélange de fromages, d'herbe et d'épices sur les macaronis dans la poêle, je lui jette un petit regard inquiet.

— Tout va bien ?

Il lève vers moi des yeux mi-ensommeillés mi-douloureux et se frotte la mâchoire.

— J'ai une gueule de bois... monumentale.

Je pince les lèvres.

— Vous avez bu ?

Et ils ont peut-être baisé aussi. Mais je n'ose pas lui poser la question. Puis... je dois commencer à lui faire confiance.

— Un peu... OK, non, beaucoup.

Il lâche un petit rire.

— C'était du gros n'importe quoi. Mais Dieu ce que ç'a fait un bien fou !

— Ça fait longtemps ?

Et nous voilà en train de nous taper la discute comme si l'épisode d'hier soir n'avait jamais eu lieu.
Et honnêtement, ça me soulage.

S'il y a une chose que j'aime bien chez lui, c'est bien sa capacité à pardonner et à passer à autre chose. Il n'est pas du genre à épiloguer pendant six ans sur quelque chose qui est arrivée en 2005.

Alors que moi... oui. Trop peut-être.
Haha, merde.

— Si ça fait longtemps qu'on est pas sortis ensemble, ouais. On a enchaîné quelques défaites cette saison et bref... on n'avait pas trop le moral.

Il se masse les tempes, les yeux fermés.

— Là... ça va un peu mieux. Même si on a pas vraiment gagné. Mais on est allés célébrer les deux coups de poings qu'on a foutu aux anglais.

Puis, il me décoche un sourire complètement débile.

Je pouffe en mettant le macaroni au four.

— T'es con.

— Ouais, ça je sais. Mais ça dépend des jours.

Il se lève de son siège et s'étire en grognant lorsque le mal de tête se fait plus aigu. Je remarque alors que sa béquille a disparu.

Fifty Shades of a Unicorn - T1Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant