XI - WATERSHED

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Chapitre mis à jour_____

France, st Malo 1875


Morgan leva les yeux vers le soleil. Vu sa position, il devait être plus de midi. Étendu sur le lit, Il se tourna vers la fenêtre de la chambre et put constater le vent dans les arbres ainsi que les nuages s'amoncelant dans le ciel.

Une main blanche et fine glissa sur son torse halé. Un frisson de plaisir grimpa sur sa peau.

― Tu es réveillée ? demanda-t-il attirant l'intrigante sur sa poitrine.

Elle roucoula en se lovant contre lui, l'envahissant de ses boucles noires tout en léchant son cou de manière suggestive. L'homme plissa ses yeux sombres et se mit à rire sourdement, amusé :

― Oh oui, tu es réveillée.

Elle releva la tête, le fixant de ses iris azurés :

― Fais-moi crier.

Son sang ne fit qu'un tour et il se redressa dans l'instant, la retournant sur le matelas comme une crêpe, il s'empressa de lui apporter satisfaction. Elle gémit aussitôt de contentement, ondulant des hanches contre lui. Il agrippa la rondeur de ses fesses tout en perpétuant ses coups de butoir.

― Comme ça, susurra-t-elle.

Morgan ne se fit pas prier et continua encore et encore. Lorsqu'il l'éprouva sur le point de succomber, il se libéra à son tour dans un râle de jouissance. Enfin, il la relâcha pour retomber sur le flanc.

Elle allait finir par le tuer si elle ne cessait de lui demander autant en si peu de temps. Il reprenait sa respiration sentant la sueur couler le long de son échine tout en contemplant les poutres au plafond.

Soudain, un immense vacarme se fit entendre au rez-de-chaussée.

― Bon sang, Jonathan rentre déjà ! s'écria la femme en sautant hors du lit.

Elle ramassa leurs affaires éparpillées sur le sol en jetant les siennes au corps achevé sur le matelas :

― Vite, la fenêtre ! S'il te trouve ici, il nous tue, tous les deux !

Morgan ne répondit rien et se releva tant bien que mal, fourbu. Il enfila ses vêtements à la hâte et se dirigea vers la lucarne en traînant la patte.

Il se retourna pour contempler sa maîtresse qui finissait de nouer le ruban de sa robe dans son dos et soupira avant de sortir au-dehors. Là, il se cramponna à l'immense plante montante attenante à la maison.

Quand toute cette mascarade s'achèverait-elle ? Quand, Violette, finirait-elle par tout dire à son époux pour le suivre ?

Il ne possédait peu, mais il était ambitieux et son ascension était proche, et puis il l'aimait comme un fou. Elle le savait. De plus, elle souhaitait un enfant.

Elle en avait déjà deux de son mari, mais elle voulait à tout prix que Morgan lui en donne un. Cette idée le rendait heureux et il s'y employait chaque fois qu'ils se retrouvaient, même s'il mettait peu d'espoir dans cette entreprise.

Mais quelque chose le turlupinait, à l'instar d'un mauvais pressentiment.
Chassant cette pensée saugrenue, il prit le chemin du retour...







France, St Brieuc 1876

― Oui. J'ai vu le fils du vieux comte de Malaquais. Et dieu me préserves de faire de mauvais commérages, mais ce n'est pas un être fréquentable, aussi riche et élogieux soit-il. S'il l'était, il n'aurait pas cette allure. Ce regard ! On dit qu'il a disparu durant plusieurs années, trainant avec lui de lourds secrets.

La lignée des reines  - (Terminée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !