Chapitre 36 : New York

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Ilåna passa le reste du week-end à s'amuser avec son frère, tester son nouveau jeu, manger des crêpes et parler d'insectes. C'était un week-end tranquille comme elle n'en avait pas eus depuis longtemps – sans monstres, sans lourds devoirs de magie et sans Pierre-quelque-chose pour venir l'embêter.

Puis vint le jour fatidique – le lundi, où il fallait partir. L'avion décollait tôt, Ilåna et son père partirent encore plus tôt. Bruce alluma la radio, une musique étouffée chantait dans la voiture qui filait dans la nuit.

L'enregistrement des bagages, le passage de la douane prirent encore quelques heures. Ilåna était étrangement excitée à l'idée de traverser l'océan et d'aller aux Etats-Unis – elle en oubliait presque qu'elle ne partait pas en vacances. Quand ils furent calés dans leurs sièges, ceinture bouclée, Ilåna trépignait d'impatience. Si elle avait déjà volé, elle n'avait jamais pris l'avion, et se demandait quelle sensation cela pouvait bien provoquer...

Le décollage dura de longues minutes, le temps de prendre de l'élan sur la piste, d'entamer la trajectoire vers le haut, de rentrer les trains d'atterrissage... Ilåna se sentit comme dans une montagne russe, quand le wagon entame lentement sa montée des rails, avant la violente descente. Puis il y eut un léger à-coups, une seconde d'apesanteur et l'avion stabilisé reprit sa route. Ilåna préférait le vol sur un balai, où l'on fendait l'air à des vitesses vertigineuses, agrippé à une branche de dix centimètres de large au maximum. Mais elle aimait bien l'avion aussi, qui s'élevait au-dessus de la ville illuminée par le lever de soleil. Puis ils survolèrent une mer de nuages, un océan cotonneux qui brillait au soleil, une dentelle en perpétuel mouvement.

Comme elle avait huit heures à tuer, Ilåna commença par étudier sa carte. Elle la connaissait déjà bien, pour l'avoir regardée plusieurs fois entre deux cours, et dans le train qui l'avait ramenée à Londres. Elle savait maintenant par cœur l'ordre dans lequel les dessins apparaissaient sur le parchemin, dessin un monde magique sans limites. Elle savait aussi comment faire changer la carte d'angle et d'échelle, en demandant à haute voix ce qu'elle voulait. Elle avait vérifié, pour une raison inconnu, la carte ne semblait répondre qu'à elle.

Elle montra tout cela à son père, en désignant la « Colonie des Sang-mêlé ».

- Ta mère m'en a parlé, dit Bruce. C'est un camp d'entraînement pour les demi-dieux, comme toi... Tu penses qu'Ana est là-bas ?

- Peut-être, dit Ilåna, en repensant au rêve qu'elle avait fait au tout début de l'année. En tout cas... Je suis sûre qu'elle y est passée.

- Ce n'est qu'une piste, alors... ?

- Une piste, c'est déjà ça, dit Ilåna.

Son père grimaçait, pas vraiment convaincu. Comme cette histoire commençait à stresser Ilåna, elle sortit sa nouvelle console pour se vider la tête. Elle passa le reste du trajet à jouer, dormir et admirer la mer de nuages, qui s'ouvrait parfois en deux pour dévoiler un véritable océan bleu sombre et scintillant.


*


Ils arrivèrent à New York en début d'après-midi, et Bruce offrit un cheeseburger à Ilåna. Le McDonald's américain était assez similaire aux anglais, se dit Ilåna – sinon plus grand, et plus sale, peut-être. Le sol était gras, et une odeur de Coca-Cola et d'huile chaude flottait tandis que les basses d'un hit quelconque raisonnaient dans le restaurant.

Bruce sortit de sa poche un petit téléphone sans valeur – un vieux smartphone, bien plus épais que les actuels.

- Mon ancien téléphone, dit-il. J'y ai mis mon numéro et celui de la maison. Il a un forfait international.

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