17.3. Chicago Bulls

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Immédiatement, l'ambiance devient électrique. Il suffirait de brandir une allumette pour que tout prenne feu.

Les caméras précisent leurs objectifs pour nous donner une image précise de ce qui arrive au milieu des arbitres, des entraîneurs et des équipes qui se sont rassemblés.

Assis au sol, Liam a la jambe en sang.

Une sueur froide coule le long de mon échine et mes yeux se remplissent de larmes.

— C'est toujours aussi violent ? demandé-je d'une voix tremblante.

— Non. Mais le mec qui a fait ça, ce n'est pas sa première fois. Au dernier match, il l'a blessé. Et il s'est déjà fait avertir que si ça se reproduisait, il se ferait disqualifier définitivement. On dirait qu'ils essaient de l'empêcher de jouer, c'est du n'importe quoi, se fâche William.

Sur les écrans géants, la scène est rejouée avec lenteur. On voit Liam qui se positionne et qui saute. Puis le joueur anglais qui saute deux fois plus haut, mais qui, à la place d'attraper le ballon, enfonce la semelle de sa chaussure dans la jambe de Liam pour le déséquilibrer et appuie fort en se laissant glisser, déchirant sa peau.

Une querelle éclate entre Jones, le numéro neuf des Bulls et celui qui a blessé Liam. Rapidement, chacun prend son parti et se met à scander le nom de la personne qu'ils veulent voir gagner.
Les arbitres tentent de les séparer, mais Jones est trop grand et trop fort pour eux. C'est seulement lorsque le nez d'Edwards se met à saigner abondamment que l'entraîneur des Bulls fait reculer son joueur à force de paroles dures.

J'enfouis mes mains dans mes cheveux en gémissant.

Ça se transforme en bain de sang.

— Fils de pute. Crève, putain de merde, crache le grand brun en essuyant ses mains ensanglantées sur son short.

Deux jeunes hommes aident Liam a se redresser. Le front baigné de sueur, il s'accroche à leur cou en posant à peine sa jambe injuriée au sol. Ses dents se serrent à chaque fois où son pied heurte le plancher.

— Il semblerait que Jacobs soit fortement blessé, déclare le commentateur. Les arbitres et moi doutons qu'il puisse jouer la seconde mi-temps. Quant à Alexander Edwards, joueur émérite des Giants de Manchester, nous le déclarons disqualifié jusqu'à nouvel ordre.

— Je refuse ! rugit l'entraîneur des Giants, un homme d'un bel âge aux cheveux poivre et sel.

— Bouh ! crie quelqu'un dans l'audience. Tu peux refuser autant que tu veux, on ne veut pas voir vos tronches de cake anglais dans notre ville !

Un gros « oh » général se diffuse et le visage du monsieur devient rouge de colère.

— C'était un accident ! C'est une sentence totalement non-fondée !

— Tu veux que je te dise quoi d'autre est non-fondé ? demande Liam d'une voix sourde.

— Liam, l'avertit Luke, son entraîneur, sans toutefois essayer de l'arrêter.

Il se dégage des bras de ses amis et il sautille sur une jambe jusqu'à arriver à la hauteur de l'homme hypocrite, le menton levé.

Il ne va pas le faire.

Je me mets à stresser comme une folle tandis qu'ils mènent une joute visuelle interminable.

Il ne va vraiment pas le faire.

Liam se tient alors bien en équilibre sur sa jambe valide et roule des épaules comme s'il s'échauffait, intimidant l'entraîneur.

— Quoi donc ? siffle celui-ci.

Fifty Shades of a Unicorn - T1Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant