17.2. Chicago Bulls

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Mon champ de vision se limite à ces deux billes bleues qui me narguent.

Soudainement, mon rythme cardiaque s'affole et mes joues s'empourprent. Par réflexe, je dissimule mon poignet orné du bracelet derrière mon dos.

Toutefois, je suis confuse lorsqu'un demi-sourire finit par étirer sa bouche. Tu es quand même venue, c'est ce qu'il semble me dire. Son regard me détaille minutieusement et bloque une nouvelle fois sur ma bouche barbouillée de rouge. C'est ce même regard impénétrable, mais plein de chaleur dont il m'a gratifiée au Veggie Grill.

Et au fur et à mesure que mes yeux scrutent chaque centimètre de son corps athlétique caché partiellement par un maillot d'équipe rouge et blanc et des shorts amples, des bribes de ma lecture me reviennent.

« Et je t'aurais séduite jusqu'à ce que tu arrêtes de dormir dans ta chambre et que la mienne devienne la nôtre. »

Je ne suis pas ignorante. Juste innocente.

À l'idée de tous les trucs obscènes qui doivent passer par la tête à l'instant et dont je suis la muse, mes rougeurs s'accentuent et gagnent mon cou. Je pense que je deviens unicolore.

OhmonDieuohmonDieuohmonDieu

Gauche meurt de désespoir.

Il se passe la langue sur les lèvres et s'empresse de rejoindre le rassemblement d'équipe, détournant un instant son attention de moi.

Et de ce fait, il voit finalement - ou malheureusement - William.

Je déglutis. Punaise.

— Ça t'ennuierait de prendre une photo ? murmure William, un regard plein d'espoir posé sur moi.

La gorge serrée, je dois m'y prendre à plusieurs reprises avant de formuler une réponse correcte.

— Oui. Oui, bien sûr.

Je tends les mains pour prendre son téléphone, mais il fronce les sourcils et l'éloigne de ma portée.

— Ensemble, je voulais dire.

Ma bouche forme un O surpris et ma conscience hurle sous le regard pesant et trahi qui me fusille de profil.

Je ne peux pas dire non. Je n'ai pas vraiment de raison pour dire non.

C'est juste une photo. Rien qu'une petite photo qui, à la limite, il publiera sur Instagram. Et je n'ai pas Instagram. Alors on s'en fout.

Ce n'est qu'une photo.

Une photo.

Une toute petite photo.

Si ça, c'est juste une petite photo, alors Trump n'est qu'un homme, me réprimande Droite.

Pu-tain.

— OK, on la prend.

L'esprit de Gauche a gagné, je suis désolée.

Un sourire ravi étire les lèvres de Will qui se rapproche de moi et enroule son bras autour de mes épaules. Je m'appuie un peu contre son torse et il incline la tête pour frôler mes cheveux de son menton.
Et au milieu des encouragements assourdissants de la foule, nous prenons un cliché ensemble.

Je souris un peu jaune, mais ça fait l'affaire.

— Tu me permets de la mettre sur insta' ?

Je hausse les épaules.

— Comme tu veux.

Bientôt, le jeu commence et nous sommes obligés de nous asseoir. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine et je ne cesse de taper du pied avec angoisse. Je sais exactement ce que Liam a vu. William et moi. L'un à côté de l'autre. Prenant une photo. Proches. Un peu collés. Et peut-être un peu trop souriants.

Fifty Shades of a Unicorn - T1Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant