I. les cieux californiens

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« Mademoiselle Melville! » je me retournai et vis Gavinn, mon chauffeur depuis le jour où j'étais née. Il y a quatre ans, quand mon frère avait quitté l'état pour partir en Californie, Gavinn avait mystérieusement disparu. J'étais tellement attristée qu'il m'ait quittée que je me rappelle ne plus avoir parler à mes parents pendant plus d'un mois.

J'avais plus tard appris que si il était parti, c'était parce que mon frère lui avait proposé d'être son associé pour l'un de ses nombreux projets californiens et j'étais plutôt contente pour lui, finalement.

« Gavinn! » je fis un bref câlin à l'homme qui doit être dans ses quarante ans. Il sourit niaisement avant de prendre mes bagages.

« J'espère que ça ne vous ennuie pas; Corwin n'a pas pu venir vous chercher en personne, il est un peu occupé. Quand il m'avait dit que vous- »

je le coupai.

« Arrête de me vouvoyer, voyons. Ne m'aimes-tu plus comme avant? » je fis une moue fâchée et il rigola. Quand j'étais plus jeune, je pleurais quand il me vouvoyait, mais mes parents n'aimaient pas le fait qu'il me tutoie.

« Alors, c'était comment ces quatre années en Floride sans ton chauffeur préféré? » il me demanda, souriant. Je baissai la tête.

« Disons que je suis contente d'être loin de mes parents. » je répondis en m'installant dans la voiture alors qu'il plaçait mes sacs de voyage dans le coffre.

Il vint s'assoir à son tour, dans le siège conducteur.

« Tes parents t'aiment, Rowan. »

Je ne répondis pas, et il finit par démarrer le véhicule. Le trajet se fit dans un silence des moins pesants et j'étais plutôt contente que personne n'eût parler.

Après une vingtaine de minutes, nous étions arrivés devant une grande villa isolée. Corwin a du goût, dites-moi.

« Tiens, voilà la voiture de Corwin. Il doit être rentré, déjà. » Gavinn dit, en montrant du doigt une Maserati Levante bleue.

« Ça doit payer d'être un jeune homme d'affaires, dis-moi! » je m'exclamai, presque absente.

« Oh, Rowan. Ton frère est un jeune homme très ambitieux, il mérite tout ce qui lui vient de bien. »

Je souris et descendis de la Mercedes-Benz, suivie par Gavinn qui lui, portait mes bagages. Il les posa devant la porte avant de sonner.

« Bon, je crois que mon travail s'achève ici, je te souhaite une très bonne journée, Rowan. Demain soir, Corwin et toi iront probablement chercher ta nouvelle voiture, d'ici là, si tu as besoin de quelque chose, je serai toujours à ta disposition si lui ne l'est pas, je ne vis pas très loin de toute façon. » dit-il, en me tendant un bout de papier sur lequel était marqué un numéro de téléphone d'une manière soutenue et élégante, à l'encre bleu foncé, que je devine être sien.

Je lui fais un bref câlin et il s'éclipsa avant même que la porte ne s'ouvre.

« Oh, bonjour! Vous devez être mademoiselle Rowan. Moi c'est Marla, je suis la domestique! Entrez donc, mademoiselle. » une femme dans la quarantaine m'accueillit avec un sourire des plus honnêtes. Je ne l'avais jamais vue avant.

« Merci, Marla. » j'articulai, en tirant mes bagages.

« Oh, que non! Ne vous dérangez pas, je les apporterai à votre chambre, mademoiselle. Votre frère vous attend dans le jardin. Tout au fond. »

J'esquissai un sourire gêné et suivis ses instructions pour me retrouver dans un jardin ridiculement gigantesque avec une piscine toute aussi grande. Sur l'un des transats, avec des lunettes de soleil sur le nez, était allongé Corwin. À ma vue, il se leva brusquement et me fit un gros, trop gros câlin.

« Corwin, tu m'étouffes! »

Il se mit à rire en me lâchant, ses mains posées de chaque côté de mes épaules, m'examinant attentivement puis il me reprit dans ses bras, cette fois-ci en me serrant un peu moins fort.

« Tu m'as manqué, Ro. »

« Toi aussi, Corwin. »

« Alors, tu ne remercies pas ton grand frère pour t'avoir sauver des griffes des parents? » il rigola.

« Oh, cela! je t'en serai toujours reconnaissante. » je ris à mon tour.

« J'imagine que le vol depuis la Floride t'a achevée. Marla va te montrer ta chambre en haut, va te reposer. Ce soir, il faut qu'on parle. »

Je hochais la tête avant de regarder mon frère pour la dernière fois; il était grand, je dirais un mètre quatre-vingt-dix. Des cheveux d'un brun clair en bataille sur sa tête. Des yeux gris verts qu'il avait hérités de mon père. Un corps aussi athlétique qu'il l'était il y a quatre ans, avec des abdominaux bien tracés. Sur ses épaules, des brûlures rouges se faisaient voir, probablement à cause du soleil californien. Ce qui m'intrigua le plus était un suçon qui avait l'air récent, sur son cou.

Je secouai ma tête pour effacer toute pensée à propos de mon grand frère et me dirigeai vers la cuisine où Marla préparait un gâteau.

« Mademoiselle Rowan, je devine que vous voulez monter vous reposer. » je hochais la tête. « Suivez-moi, alors. »

Je m'exécutai.

Elle appuya sur un bouton de ce que je pensais être une porte, mais ce n'était pas une porte... Sérieusement, Corwin? Un ascenseur, au milieu de la villa? Je me rappelle bien que mon frère était indolent mais pas à ce point.

« Un ascenseur! Alors Corwin est toujours paresseux? » pensais-je à haute voix.

« Oh, mademoiselle Rowan. Votre frère est un travailleur, croyez-moi. »

Nous montions.

« Marla... Je voudrais juste vous poser une question. Ça restera entre nous. »

« Dites toujours, mademoiselle. »

« Est-ce que Corwin emmène des filles ici? »

« Oh, mademoiselle, monsieur Corwin n'est pas ce genre de jeunes hommes. Il a des amies, bien évidemment. Elles viennent régulièrement, souvent accompagnées de leurs hommes. La plupart d'entre elles sont mariées, figurez-vous. Elles sont toutes aussi bien attentionnées que sa personne. »

« Oh, parce qu'il a une marque sur son cou... »

« Ah, nous vous a-t-il donc pas dit? » elle s'arrêta voyant que je n'ai aucune idée de quoi elle parle. « Je.. Je ne pense pas avoir le droit de vous dire, c'est à lui de le faire. Désolée. »

« Vous pouvez me dire. Vous ne craignez rien, promis. »

On sortit de l'ascenseur et je la suivis alors qu'elle arpentait les couloirs de l'étage. Elle m'ouvrit la chambre tout au fond, où je trouvais mes sacs et mes affaires qu'elle avait montés plus tôt.

La chambre était aussi spacieuse que celle de Floride.

« Monsieur Corwin est dans une relation.. sérieuse. Depuis deux ans. La jeune femme vit ici. »

J'étais ébahie. Il me l'avait caché pendant tout ce temps alors qu'au bout de chaque semaine on parlait au téléphone ou par message.

Mais quand comptait-il me le dire? Je me rappelle de ses paroles. « Va te reposer. Ce soir, il faut qu'on parle. » il va me parler d'elle.

« Oh? » est la seule chose que je pouvais dire devant une Marla angoissée, sûrement apeurée que la gamine de dix-sept ans qui est la soeur de son employeur finisse par révéler à son frère ce qu'elle venait de lui dire, lui risquant ainsi de perdre son poste.

Je la remercie et elle quitta ma chambre rapidement. Je m'allongeai sur mon lit et essayai de me reposer.

Alors, j'ai une colocataire imprévue. Super.

• AIMER HAILEY DARLINGTON •Lisez cette histoire GRATUITEMENT !