X - SENTENCE

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Chapitre mis à jour______

France 1844

― Acceptez-vous de prendre cette femme pour légitime épouse ?

Une foule s'était rassemblée dans la petite chapelle Calviniste abandonnée, investissant les lieux pour cet événement unique. Le chœur était entièrement rehaussé de colonnes en marbre portor, surmontées de chapiteaux à feuilles d'acanthe. Une immense sculpture d'or trônait derrière l'autel, illuminant la pièce de son ostentatoire présence. Les dalles de pierres taillées étaient recouvertes de grands tapis Turkmenistan Bachir importés d'orient et des gerbes de fleurs de lys et d'olivier étaient disposées le long des plinthes des murs, embaumant la voute de leur fragrance sucrée.

Le jeune homme posa ses yeux bleus sur le voile opaque d'une blancheur virginale. Sa promise se trouvait dessous.

On la lui avait choisie, elle était parfaite,vertueuse et sublime. Une mère idéale pour porter la prochaine lignée avec laquelle il concevrait des enfants plus purs encore, jusqu'à ce que leur heure soit venue et qu'une reine naisse... comme l'annonçaient les écrits.

La parfaite création de leur communauté dont il serait l'architecte, le père nourricier et le compagnon. Une femme érigée et aimée afin qu'elle devienne l'instrument de leur dessein.
Il serra la main gantée de soie de la jeune fille dans la sienne et tourna sa tête vers l'évêque.
― Oui.

Sous son voile, Rachel sourit. Elle vivait un rêve, un rêve qui allait se réaliser avec le futur Duc Delalande dont elle était désormais l'épouse légitime. Leur enfant à venir n'aurait pas à craindre l'opprobre, elle en était assurée.

France 1876

― Bien, Delalande. Où en sommes-nous ? Il serait temps que vous agissiez.

Le duc redressa ses yeux mis clos vers le magistrat installé de l'autre côté de son bureau fermement campé dans un siège en bois de frêne.

― J'ai pensé retarder l'événement de plusieurs mois. Elle n'est pas encore tout à fait...prête. L'évêque et moi, nous sommes tombés d'accord.

― Mais plus vous attendez et plus vous prenez le risque de voir un vautour s'en approcher de trop prés. Cela s'est produit par le passé.

Charles se laissa basculer contre le dossier de son fauteuil, non sans un regard peu amène à l'égard de son interlocuteur :

― Serait-ce une menace, Morgan ?

― Un simple avertissement. Si vous ne vous sentez pas capable de venir à bout de votre mission, je me ferais un plaisir :

L'homme leva la main pour l'interrompre, excédé. Le juge lui souriait, une expression perverse inscrite sur le visage. Ce gamin insolent lui suggérait clairement de lui abandonner sa fille.

― Vous ne sous-entendriez pas que je vous cède ma place, rassurez-moi ?

Le jeune gandin croisa les doigts devant sa figure en s'accoudant au bureau :

― Nous ne faisons pas de politique, ainsi, je ne m'encombrerai pas de mots équivoques, je suis peu désireux de vous berner sur mes desseins. Votre première mission a été un échec, ce n'est un secret pour personne. Les prophéties peuvent se tromper, cela s'est déjà vu. Vous avez lamentablement fait perdre toute crédibilité à celle qui vous concernait lors de votre première union avec Rachel, puis en rejetant Jeanne. Ce serait donc Justice que vous ne vous acharniez pas au sujet Charlotte.

La lignée des reines  - (Terminée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !