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- J'ai eu un message de mon boss, il y a eu une fuite à la centrale nucléaire d'à côté, l'usine est fermée jusqu'à... Je ne sais même pas quand.

Au son de sa voix, je me détends et retourne finir mon petit déjeuner.

- Oh chéri, ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave. Mon artisanat me rapporte assez et nous avons des économies ; on tiendra quelques mois, on a fini de payer le bac du petit.

Mon paternel s'efforce de sourire et dépose un baiser sur le nez d'Olivia.

- Tu continueras à partir tous les matins, en même temps que les voisins. Tu reviendras quinze minutes plus tard, pour chercher un emploi de courte durée. Complète-t-elle.

- Comme tu voudras mon ange.

- Qu'est-ce que t'as dans les mains ?

- Des factures ! Sourit-il.

- Et ça ?

Elle attrape hâtivement et brutalement une enveloppe marron, qui détonne parmi toutes ces blanches.

- Je ne sais pas, c'est de qui ?

- Il n'y a pas d'adresse. Ni du destinataire, ni de l'expéditeur.

Je lève la tête en leur direction et l'abaisse rapidement, pour continuer à manger, lentement.

- Bizarre. Ouvre ?

Olivia procède au déballage, elle s'empresse de déshabiller l'inconnue.

Elle sort une note bleue qui m'est familière. Je finis vite mon petit déjeuner et tourne le dos à mes parents, simulant un quelconque intérêt, une quelconque activité dans le fond de la cuisine.

- « Monsieur,

Je tairai votre nom car je ne veux pas vous associer à mon professeur, sachez que je vous vois comme un être humain et que j'aimerais, si vous me le permettez, vous appeler par votre prénom. J'aimerais aussi, si vous me l'autorisez, que nous partagions plus de choses que quelques formules en face d'un attroupement d'élèves.

Celui qui vous regarde intensément à chaque cours. »

- Tu faisais des conférences, pas vrai ?

A chaque mot, son visage se décomposait. Elle pense que mon père est le monsieur charmant. Cela me soulage un peu, je vais pouvoir gagner du temps avant d'annoncer la vérité.

- Non, c'était plus des conférences auxquelles tout le monde participait, je n'étais pas l'animateur ni le professeur. Personne ne me regardait intensément. Ce n'est pas moi chérie !

Il attrape le papier et le relit. Moi, je rougis et m'enferme dans ma chambre le temps de réfléchir au calme, de trouver une excuse, de cacher les pigments de mon visage, mes sueurs et émotions.

- Dans le papier, ça parle de professeurs, d'attroupements d'élèves, ça vouvoie. Au boulot, tout le monde se tutoie. Complète t-il.

- C'était sûrement pour brouiller les pistes.

- Ou alors... ARTHUUUUUR ?

Je viens immédiatement, je ne sais toujours pas comment leur dire mais ce n'est pas grave, j'improviserai.

- Oui ?

- Qu'est-ce que c'est ?

- Oh, ça ?

Héliosexuel [TERMINÉE]Lisez cette histoire GRATUITEMENT !