Chapitre 6

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Mardi 13 juin 2017

Maël


J'ignorais quelle heure il était mais, à en juger par la luminosité qui filtrait à travers les persiennes, je pouvais dire qu'il devait être dans les 8 ou 9 heures quand j'ouvris les yeux. Ma tête me faisait un mal de chien et rien que cette semi-clarté me brûlait les yeux. J'éprouvais la sensation de flotter entre deux eaux, l'esprit déphasé. Je mis même un certain temps avant de réaliser que j'étais dans le lit de la chambre.

Je n'avais pas le souvenir de m'être couché et, si je l'avais fait, je me demandais bien pourquoi je n'étais pas plutôt dans le canapé. Mes souvenirs de la veille étaient confus. Je ne me rappelais pas bien ce que j'avais fait passé 20 heures. Je ne savais qu'une chose : je m'étais ruiné en vodka et autres cocktails, n'hésitant pas à me livrer à quelques mélanges détonants. À partir de là, je ne devais plus m'étonner d'avoir la migraine ou d'être désorienté. Toutefois, j'étais perturbé. Il me semblait qu'il s'était passé un certain nombres de choses, en fin de soirée ; des choses dont j'aurais manifestement dû me rappeler.

Guidé par ce sentiment, je décidai d'ordonner ma pensée et de tenter de rassembler les morceaux du puzzle. Je me rappelai ainsi que le patron m'avait mis à la porte du bar et que j'avais hésité à rentrer. Non, pour être plus précis, je m'y étais refusé. Mes pas m'avaient ensuite amené à divaguer du côté de l'église voisine où je m'étais comporté comme un clown, à bavarder avec des statues inanimées. Ce n'était que lorsque j'avais commencé à réaliser ma fatigue que j'avais fini par me résigner à rentrer.

Bon, c'était déjà un premier point ! En revanche, la suite promettait de ne pas être si simple à réordonner car, si je me souvenais surtout de ma déception d'avoir trouvé Nath' éveillé en passant la porte de l'appart', le reste commençait déjà à se faire plus flou. Un vieux souvenir de chasse-d'eau me revint. J'avais dû vomir. Oui, j'en avais encore un léger arrière-goût sur la langue. Combien de fois ? Impossible à dire mais l'aigreur que je ressentais au fond de mon gosier me laissa penser que ce devait être conséquent à ma cuite. Néanmoins, je remarquai que je sentais le propre. Mes vêtements n'étaient plus ceux que je portais la veille et une odeur légère de savon m'indiqua que j'avais dû faire un passage par la salle de bain avant de sombrer dans les bras de Morphée.

Creusant sur la base de ces suppositions, quelques images me revinrent. Je me remémora le sol froid et la fraîcheur du bac de la baignoire dans mon dos. Je me souvins de celle du gant qui passa sur mon front, des gestes précautionneux de Nath' lorsqu'il s'occupa de moi et... Oh ! La honte !

Je m'interrompis. Peut-être que je n'avais pas envie de me souvenir, en définitive ? Savoir que Nath' s'était occupé de moi comme d'un enfant capricieux me donnait envie de m'enfouir dans les draps, de disparaître. Il était bien la dernière personne dont je pouvais vouloir un coup de main.

Cette réflexion m'amena à une autre. Il me semblait vaguement avoir saisi une autre présence dans cette maison, durant cette nuit infernale. Ça me revenait petit à petit mais tout était imprécis et irréel. Je pensais... J'avais la sensation que Virginie était venue. C'était ça ! Je croyais véritablement l'avoir vue, dans cette salle de bain, durant mes heures les plus sombres. Son spectre évanescent hantait un coin de ma mémoire. Cela ressemblait fortement à un rêve car je n'avais jamais vraiment réussi à croiser son regard mais, les sensations que j'éprouvais me faisaient songer que j'avais pu la toucher. Le contact de sa peau douce et... de ses lèvres ?

Un éclair de panique me saisit. Tous ces détails me mirent la puce à l'oreille. Ils étaient trop précis pour que je puisse les ignorer. Et comme il était bien entendu certain que Virginie n'avait jamais mis les pieds ici, je pris peur sur ce que cela pouvait supposer. Est-ce que j'avais... touché Nath' ?

À fleur de peau (M/M - Boy's Love)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !