8

61 26 8


 Mélancolique, je regarde la nature s'éveiller. L'hiver succède à l'or de l'été. Pourquoi n'y a-t-il plus d'automne ? Le feu de la vie a quitté les arbres trop vite... Tout est désert maintenant, il n'y a que la couleur cendre et misérable des Troncs humidifiés par la pluie. Ils grelottent doucement sous les assauts glacés du Vent. J'entends leurs branches gémir, et je veux pleurer avec eux, me laisser aller.

C'est le matin. Il est revenu, et je suis prête. Il faut que j'assume qui je suis.

— Que s'est-il passé ?

Troisième question. Et par son ton, je sais que c'est la dernière. Tu as deviné, inconnu. Alors je vais raconter. Je vais te dire en mon Silence quelle épreuve j'ai traversée.

Oui, c'était du feu, un incendie. Partout, brûlant, il engloutissait la pièce et son rire crépitant brisait mon silence. Mon frère et moi, dans l'appartement. Les Flammes dansaient, cruelles, ses vagues brûlantes léchaient le bois de chêne. Il y avait sa couleur Doré, si belle, mais si horrible à la fois, il y avait la chaleur, le trop de chaleur, l'Air fiévreux qui souffrait des couleurs, et la Fumée inondait la pièce, cachait ce qui se passait... Il ne restait plus que Cassandre, dans la poussière noire de l'incendie. Il ne restait plus que moi... Il est tombé, dans les flammes. Moi, je me suis sauvée. Il est mort.

Donc voilà inconnu. J'ai perdu mon frère. Et je suis muette. J'ai survécu, pas lui.

(nouvelle) Les Mots du SilenceWhere stories live. Discover now