Bûcheron au grand cœur.

12 2 0

Il était une fois, un bûcheron au grand cœur, il avait le cœur grand comme ça et ne voulait ne faire de mal à personne. C'était un amour de bûcheron, certes d'apparence rustique et barbu, poilu comme un ours, mais il était bon avec son prochain. Un homme qui derrière un comportement assez austère avait le cœur sur la main. Il enfila sa veste, pris son sac contenant son casse croûte pour la pause déjeuner et sortit de chez lui. Il quitta sa petite maison au toit de chaume soutenue par des piliers en bois brut. Un paillage de torchis blanchi à la chaux entre ces poutres et une petite cheminée de brique complétait l'édifice qu'il avait construit lui même avec l'aide de ses voisins. Il avançait à vive allure dans les rues de la petite bourgade où il vivait pour se rendre à son travail, quand il rencontra une petite fille. « Monsieur, monsieur, vous auriez pas une pièce ? » L'interpella-t-elle. « Je souhaiterai offrir un cadeau pour ma maman, mais je n'ai pas assez pour lui faire un cadeau. » Lui expliqua-t-elle. Notre forestier ne refusait jamais d'aider son prochain, car il avait un cœur grand grand comme ça. Il décida de fouiller ses poches, et trouva quelques pièces de cuivre, qu'il donna à la fillette. « Désolé ma petite, c'est tout ce que j'ai. » S'excusa-t-il, honteux de ne pas avoir plus à offrir. « C'est déjà beaucoup Monsieur !Merci ! Merci ! » S'écria la fillette en lui offrant son sourire le plus gratifiant.

Le bonhomme avec un cœur grand grand comme ça, s'avançait désormais vers la forêt où il allait travailler en suivant un petit chemin terreux qui serpentait telle une couleuvre entre les champs et les prés. C'est dans l'un de ces prés à côté du bois, qu'il vit que quelque chose semblait se débattre dans un piège. C'est alors que le bûcheron n'écouta que ses bons sentiments et alla libérer la pauvre créature. C'était un lapin fort jeune, doux et apeuré. « Merci Monsieur le Bûcheron, j'ai vraiment eu très très peur. » Le remercia le lapin. « De rien jeune ami, excuse moi de ne pas être venu te libérer plus tôt. Maintenant va et amuse toi bien dans le pré. » Lui dit le bûcheron au grand cœur. C'est alors qu'entre les arbres, un renard apparu et s'exclama. « Ouille, Ouille, ouille ! J'ai mal au dos ! Aide moi humain, je ne peux plus courir après les lapins et je risque de mourir de faim ! » Le renard mima son mal de dos, traîna de la patte, baissa sa tête sur le côté et poussa même un glapissement de douleur. L'homme eut une petite larme en voyant ce pauvre renard souffrir et lui demanda ce qu'il pouvait faire pour l'aider. « Kitsouille, Humain, j'ai faim, donne moi le lapin que tu viens de libérer pour que j'aille mieux. » Lui demanda la bête fort rusé. Le barbu, qui avait encore le lapin tremblant dans ses puissants bras habitués à fracasser les troncs avec sa hache, n'accepta pas la demande du gredin. « Voyons Renard ! Si je te le donne, tu vas lui faire du mal ! » S'énerva le bûcheron. « Pitié... pitié ... J'ai mal ... je ne peux plus attraper de lapin... » pleurnichait le coquin pour tenter d'attendrir le bonhomme. Le bûcheron avait un cœur grand grand comme ça ! Et il trouva une solution. « Lapin fait attention de ne plus tomber dans des pièges et toi renard, prend donc ce piège, ainsi tu n'auras plus à courir après tes proies. » Déclara l'homme pensant avoir réglé le soucis des deux animaux sur un pied d'égalité. « Mais voyons ! Désormais le lapin sait qu'il ne doit pas tomber dans le piège ! Je vais mourir de faim ! » Insista une fois de plus le roublard de renard. Alors le bûcheron posa son sac, sorti son déjeuner et l'offrit au fourbe tout content qui oublia totalement le lapin à tel point il n'avait jamais mangé de si bonnes choses ! Le bonhomme pu laisser les deux animaux derrière lui et continuer son chemin vers la forêt.

Il allait arriver dans la petite clairière où était sa cabane à outil lorsqu'il vit qu'un bébé merle était tombé de son nid dans le laurier. « Pauvre bébé ! Si tu n'es plus dans ton nid, le chat sauvage va te manger ! » Le plaignit le bûcheron. Il était fort grand et fort, mais le nid était bien trop haut pour lui. Il décida de prendre l'oiseau et l'amener à sa cabane. Il enleva sa veste pour faire comme un nid et y posa l'oisillon. « Je n'ai plus le moindre sou, je n'ai plus de repas et j'ai donné ma veste. Je suis peut être un peu trop généreux ... Heureusement, il me reste ma hache pour gagner ma vie ! » Pensa-t-il se rendant compte que sa générosité n'avait pas que des bons côtés.

Les Contes des Forêts et des ChampsLisez cette histoire GRATUITEMENT !