5.2. Petite gonzesse

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Je suis sur le point de hocher la tête avec entrain, puis me fige au dernier moment.

— Je n'ai ABSOLUMENT pas dit ça.

Il agite les sourcils.

Et mon imagination repart encore. Phoque.

Ne reviens plus, par pitié.

Si c'est pour me traumatiser alors non, reste où tu es.

Non.

Nooon.

Nooooon !

Game over.

Imagination : 1. Mikorne : 0.

— Sûre ?

— Mais...

— Certaine ?

— Pff !

— Attention, je pourrais avoir enregistré.

Je plisse les yeux. Il serre les lèvres pour ne pas rire.

— Et que ferais-tu avec cet enregistrement, monsieur casse-ovaires ?

— Je le publierais sur YouTube juste après avoir vu le dessin épouvantable que tu as fait de moi, dans les journaux.

— Œil pour œil hein ? grommelé-je.

— Dent pour dent, ma grande.

Je croise les bras sur ma poitrine menue, un air de défi plaqué sur le visage.

— Mouais, de toute manière, ce qui se passe dans mon carnet reste dans mon carnet.

— Alors tu admets m'avoir dessiné ? blague-t-il.

Il me donne presque envie de l'insulter sans censure de licorne.

Presque.

Rancunière jusqu'au bout des ongles – oups ? – , je l'ignore durant tout le reste du trajet. Il tente d'attirer mon attention de différentes manières, mais je garde la tête froide en réprimant mon fou rire. Il m'amuse. Tellement. Mais ce n'est pas comme ça qu'il va s'en tirer avec moi. Il tente de me convaincre en demandant un crayon à une des hôtesses du train qui passe à côté de nous. Elle lui tend un portemine argenté qu'il pousse dans ma direction.

Je jette un regard au crayon qui me fait de l'œil ;

Non, Mika, résiste, ne fais pas comme au Staples   dans la section crayons, OK ?

Caaaalme.

À contrecœur, je pose mes iris sur lui ;

Puis me reconcentre sur ma musique en regardant dehors, le snobant faussement.

— Putain, mais tu es bornée toi, hein ?

Les coins de ma bouche frétillent. Je mène une lutte de plus en plus difficile contre mon rire. Ses sourcils fournis se froncent et il appuie son menton contre sa paume en me scrutant.

— Bon, moi je ne sais plus quoi faire pour te faire parler jusqu'à ce qu'on arrive dans...

Il regarde sa montre dorée qui orne son poignet gauche.

— Dans deux heures.

Je hausse les épaules.

— Trouve n'importe qui d'autre qui n'a pas de dossiers dangereux sur toi, OK.

— Crois-moi, c'est plus amusant quand ils en ont.

— Gnagnagna, c'est ça.

— Qu'est-ce que tu faisais en Ohio ? m'avise-t-il.

Fifty Shades of a Unicorn - T1Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant