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Orry était assis sur son lit. Ses pieds nus sur le sol froid de sa chambre, ses doigts pianotant nerveusement sur ses genoux. Ses sourcils étaient fortement froncés, sa bouche tordue en une légère grimace. Il était tard mais il lui était impossible de dormir, alors que toute la maison était silencieuse depuis un long moment déjà.

Il réfléchissait. Il se posait des questions. Il pensait à Jane, à ce qu'elle avait dit plus tôt dans la journée. Tout lui échappait, il ne comprenait pas.

Orry n'était pas quelqu'un de méchant, il était juste impulsif. Il avait été blessé par la vie, par les êtres humains. Il n'avait pas été épargné lui non plus. Jusque là, il n'avait jamais vraiment réfléchi à cette notion de justice et de vengeance mais les mots de la jeune femme avait éveillé des questions dans son esprit.

Et il voulait des réponses.

Il se glissa hors de sa chambre et traversa le couloir afin de se retrouver face à la porte de la chambre dans laquelle avait été installée la nouvelle habitante de la maison. Sous cette porte, un trait de lumière montrait que la jeune femme ne dormait pas encore.

Après un temps d'hésitation, il frappa doucement, et attendit.

La voix fluette de Jane lui permit d'entrer et il actionna la poignée de la porte. Il passa la tête dans la chambre et son regard tomba dans les prunelles sombres de la jeune femme.

- Orry ?

- Je... je peux entrer ? Demanda le jeune homme doucement.

- Heu... je ne sais pas... Il est tard. Répondit Jane, sur la défensive.

- Je voulais juste te parler quelques minutes.

Jane l'observa attentivement. Il ne ressemblait plus du tout à l'homme qu'elle avait eu en face d'elle aujourd'hui. Il semblait plus fragile, moins sûr de lui. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine et les entoura de ses bras, dans un geste protecteur.

- Hum... D'accord, tu peux entrer.

Orry s'introduisit lentement dans la pièce et referma la porte derrière lui. Jane se tendit en fixant la porte et la main du jeune homme toujours sur la poignée.

- Tu veux que je laisse ouvert ? Demanda-t-il, se rendant compte du malaise de la jeune fille.

- Je veux bien oui, s'il te plaît.

Orry ouvrit légèrement la porte, juste ce qu'il fallait pour rassurer Jane mais ne pas déranger le sommeil de sa famille. Il se racla la gorge, enfonça les mains dans les poches de son bas de pyjama et chercha les bons mots.

- Tu m'intrigues... commença-t-il. Enfin non, pas toi... ce que tu as dit aujourd'hui.

- Ce que j'ai dit ?

- Oui... sur le fait que notre manière de rendre justice était barbare.

- Oh !

- Tu le penses vraiment ?

- Oui, je le pense.

- Alors explique moi, je voudrais comprendre...

- Que veux tu comprendre Orry. Ma manière de voir les choses ?

- Oui. Je... je pensais que tu voudrais faire payer à cet homme, je pensais que...

- Tu as raison, je veux qu'il paye. Le coupa-t-elle. Mais pas n'importe comment. Je veux qu'il soit jugé dans le respect de la loi. Je veux qu'il soit condamné. Je ne veux pas juste me soulager moi. Et je ne veux surtout pas devenir comme lui, je veux avoir la conscience tranquille.

Le chant des oiseauxLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant