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Oscar sauta par-dessus la barrière et se dirigea ensuite vers sa maison à toute vitesse. Derrière lui, les gamins du quartier courraient en riant, bâtons et cailloux à la main, hurlant leurs menaces imbéciles de jeunes livrés à eux-mêmes et qui n'ont rien d'autre à faire.

Il pris un virage à quatre-vingt-dix degrés en dérapant, chuta mais se redressa aussi vite et reparti sans laisser à ses poursuivants la moindre chance de le rattraper. Il remonta la rue enneigée ventre à terre et longea, toujours en courant, la rangée de maisons dans laquelle, la sienne se trouvait, un peu plus loin.

Il avait maintenant une bonne avance mais il garda le même entrain, histoire de ne pas prendre de risque.

Enfin, arrivé devant chez lui, il ne prit pas la peine de monter les quelques marches qui menaient à la porte d'entrée, mais il sauta avec agilité afin de passer par la fenêtre ouverte, malgré le froid.

Une fois à l'intérieur, il traversa la pièce, toujours à vive allure, soucieux de se mettre le plus à l'abri possible. Il déboucha dans le couloir sombre, grimpa l'escalier, sans faire attention aux voix provenant de la cuisine, et s'arrêta enfin en haut de celui-ci. Il regarda d'un côté, puis de l'autre et ses yeux se focalisèrent sur la porte entrouverte, à sa gauche, au fond du couloir.

Il entendit vaguement les cris des enfants passant devant sa maison mais son esprit était déjà fixé sur le lit qui l'attendait. Un bel édredon moelleux, bien que très vieux, mais qui lui convenait parfaitement. Ses pas souples le guidèrent vers cet endroit qui lui promettait calme et repos.

Il passa la tête par l'embrasure de la porte, sans un bruit.

Et il la vit.

Face à la porte, sous le lit, juste à sa hauteur, se trouvait une jeune femme.

Elle dormait.

Elle semblait bien, là, sur le sol, protégée dans cette cabane improvisée.

Oscar ne la reconnu pas. Il avait pourtant une bonne mémoire des visages, pensait-il, mais il ne connaissait définitivement pas cette jolie jeune femme.

A pas feutrés, il s'avança, humant l'odeur de la chambre, qui avait légèrement changée. Mais ça lui plaisait. Il se sentait en confiance.

Alors, il abandonna l'idée de se lover dans le gros édredon et il se glissa sous le lit, lui aussi, et rampa jusqu'à la jeune femme. Il se roula en boule contre son ventre et ressenti un soulagement immense de sentir de la chaleur humaine, après avoir eu si peur de se faire attraper par ces sales gamins.

Il se mit à ronronner fortement, plongeant dans un demi-sommeil réparateur.

Jane sentit une chaleur agréable et une drôle de sensation au niveau de son ventre. Ces deux choses la sortirent peu à peu de son sommeil. Elle ouvrit doucement les yeux et mit un certain temps à se rappeler de l'endroit où elle se trouvait.

Les souvenirs affluèrent dans son esprit et elle ferma à nouveau les yeux, souhaitant, plus que tout au monde, se rendormir. La sensation revint alors. Comme une vibration au niveau de son ventre. Elle rouvrit les yeux et les baissa. Une sorte de chaleur, de bien-être, l'envahit lorsqu'elle se rendit compte de la présence de la petite boule de poil, blottit contre elle.

Elle bougea doucement sa main et vint la poser sur la petite bête, qui ouvrit instantanément les yeux.

- Bonjour toi, murmura la jeune fille.

Pour toute réponse, le chat ronronna de plus belle. Il s'étira, se leva, tourna deux fois sur lui-même, puis se recoucha, exactement dans la même position, contre le ventre accueillant et chaud qui lui offrait repos et sécurité.

Le chant des oiseauxLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant