[PARTIE 3 : Mythologie(s)] Chapitre 32 : En fuite

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La paroi de verre était recouverte d'une fine couche de gel, qui faisait par endroits des perles de glace. Åna, les chaussures couvertes de boue, le souffle coupé, les cheveux et le cerveau en bataille, s'était violemment heurtée contre celle-ci, et sa tête tournait encore.


Elle mit quelques secondes à comprendre ce qui venait de se passer. Levant la tête, elle parcourut des yeux la paroi qui prenait racine dans la terre, au milieu des buissons, s'élevait auprès des troncs interminables, amorçant une trajectoire courbe, et se perdait dans les branchages. Elle semblait sans fin –

Si elle ne l'avait vue qu'une fois, et ne l'avait pas réellement cherchée depuis, Åna savait ce qu'elle venait de trouver – c'était le rempart de sa prison, la limite extrême, le rebord

De la Cloche.


*


Lorsque l'appel-Iris avec Eléa s'interrompit, Åna se retrouva seule – toujours seule, dans cette cabane étroite, dont les murs grinçaient en concert avec les mugissements et respirations bruyantes des monstres qui l'encerclaient.

Et elle réalisa que l'Eléa à laquelle elle avait parlé n'était qu'une image, le reflet ondoyant d'une amie lointaine, plus tout à fait réelle –

Il fallait qu'elle s'en aille. Tout de suite.

Elle se releva et chercha frénétiquement une issue. Impossible de passer par l'avant ou par l'arrière de sa cabane, les monstres la déchiquetteraient avant qu'elle n'ait le temps d'y penser. Restait le toit, mais le pari était risqué. C'était supposer qu'il n'y avait aucune bête campée dessus, ou qu'elle réussisse à s'enfuir assez vite pour ne pas être repérée.

Tant pis, se dit-elle. Tout valait mieux que de croupir à jamais dans cette fichue cabane.

Elle saisit d'abord son couteau dans sa boîte à trésors, puis elle posa une chaise sur sa table. Le tout était d'un équilibre peu stable, mais Åna se hissa dessus prudemment. Le plafond de la cabane n'étant pas très haut, elle n'eut pas à se mettre sur la pointe des pieds, mais la chaise bancale se relevait et tapait frénétiquement sur la table. Åna commença à donner des coups de couteau dans le toit. Des morceaux de planches lui tombèrent sur la tête.

Quand elle eut fait un trou assez grand pour y passer sa tête, Åna jeta un œil à l'extérieur : il n'y avait aucun monstre sur le toit, mais des serpents géants étaient suspendus aux arbres. Elle reprit son ouvrage, créant une ouverture assez grande pour sortir, tout en essayant de se caler sur le brouhaha des monstres et de la forêt pour ne pas être entendue. Puis elle redescendit dans la cabane, saisit son arc et son carquois (qu'elle avait, depuis la dernière bataille, pris le temps de réparer et qui s'était à nouveau rempli de flèches), et ressortit par le même chemin. Elle se glissa hors de sa cabane avec une extrême précaution. Le toit était verglacé, elle s'immobilisa en équilibre pour analyser sa situation.

Comme elle s'y attendait, des monstres entouraient la cabane de tous les côtés. Des Ogres de Terre, principalement, mais aussi un ou deux Cyclopes, des Lestrygons, ainsi que des animaux de la jungle tels que des tigres et des serpents. Le plus facile pour s'en sortir serait peut-être, alors, la voie des arbres.

Åna fit deux pas sur le côté, se pencha sur le rebord de sa cabane pour attraper la branche d'un sapin. Pourquoi un sapin ?! Elle se laissa tomber en avant, tenant la branche à deux mains. Les serpents se tournèrent vers elle en sifflant. Elle s'agrippa tant bien que mal à la branche molle, la remonta, se glissa sous les branchages dans une partie plus solide. Elle eut un instant de répit, avant de se retrouver nez à nez avec deux serpents qui étaient descendus à sa rencontre. Elle tira deux flèches, et les serpents retombèrent mollement sur le sol de la forêt.

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