Chapitre VI - Partie 1

14 0 0

21 Septembre 2177 après Theobran

Dorian inspira profondément pour se clamer. Ce qu'il se passait lui rappelait des souvenirs : il y a quelques années, lors d'un hiver particulièrement rude, il avait poursuivi un cerf jusque dans une grotte sombre. Il prit donc exemple sur cette expérience. Il tâtonna sur son corps pour trouver ce qu'il lui restait. Sa besace avait été perdue mais il lui restait toujours sa dague et sa lance. Le chasseur tenta de se lever mais il tituba et perdit l'équilibre. Après plusieurs essais, il parvint à maintenir le contact entre ses pieds et le sol. Il marcha donc lentement en essayant de se repérer.

Il se heurta soudain à un mur et décida de le suivre sur sa droite. Ses mains meurtries frottaient sur la pierre et son ventre lui faisait mal. En respirant doucement il continua son avancée lente et fastidieuse. Soudain, son pied de posa sur une surface liquide et le froid s'infiltra dans sa chaussure. L'eau était glacée. Il s'accroupit, plongea sa main dans l'eau et bu pour étancher sa soif. Lorsque cela fut fait, il avança prudemment dans le ruisseau et découvrit avec soulagement que celui-ci était assez étroit pour qu'il puise l'enjamber sans problème.

Il continua à longer le mur lorsqu'il comprit que la grotte devenait de plus en lus grande. En effet, le bruit de ses pas résonnait de plus en plus violemment dans l'obscurité. Après une dizaine de minutes, Dorian fut submergé par un grand fracas qui s'amplifiait à chaque pas. Mais chaque pas qui le rapprochait du bruit voyait de plus en plus de champignons lumineux apparaître sur les parois de la grotte. Si bien qu'il parvint bientôt à apercevoir la paroi opposée de la grotte. Le fracas s'amplifiait inlassablement et lui vrillait le crâne. Dorian se couvrit les oreilles de ses mains et même ainsi le bruit était assourdissant.

Quelques dizaines de mètres plus loin, le chemin faiblement éclairé devint une immense crevasse au milieu de laquelle courait une furieuse rivière. L'eau volait dans tous les sens et des rocs érodés s'effondraient constamment dans les rapides. Dorian fit ce qu'il put pour trouver un moyen de poursuivre sa route et parvint finalement par apercevoir un pont. Un pont de cordes usées qui se situait douze mètres plus bas. Ne trouvant pas d'autres moyens, Dorian se résigna à tenter d'atteindre le pont.

Il rangea du mieux qu'il put ses maigres effets et s'agenouilla au bord de la crevasse. Par chance, la roche était couverte de trous et faciliterait son escalade. Lentement, il descendit ses pieds dans le vide et chercha calmement une prise. Prise par prise, il parvint à descendre les six premiers mètres à l'aveugle. Il s'était légèrement habitué au fracas de l'eau et sa tête ne tournait plus autant à chaque mouvement. Soudain, la roche se déroba sous ses pieds et il fut précipité vers le bas.

Par réflexe il tendit les bras pour s'agripper à la paroi mais il avait atteint une deuxième partie du mur : une partie de roche poreuse qui s'effritait rapidement. Ce geste ne servit donc qu'a lui couper les mains un peu plus. Sans avoir le temps de réfléchir, il tenta le tout pour le tout et planta ses pieds fermement sur la roche pour se propulser vers l'arrière. Au prix d'un effort surhumain, il parvint à se retourner dans les airs. Il fut brutalement arrêté par un choc violent avec une stalactite. Dorian en eut le souffle coupé mais il parvint à s'agripper à la formation rocheuse.

Il n'était pas tiré d'affaire, mais au moins il ne tombait pas. En essayant de reprendre son souffle, Dorian parcourut les alentours du regard : Cinq mètres sous lui, à sa droite, le pont était coupé en deux sous le poids des blocs de roche qui lui étaient tombé dessus. Six mètres plus bas la rivière dansait furieusement contre la roche fragile. La seule bonne nouvelle était qu'il était en vie. En vie, suspendu à un stalactite au plafond d'une grotte perdue des monts Erg.

Soudain, il fut assailli par une nuée de chauves-souris géantes qui le frôlèrent de tous côtés en piaillant. Saisissant sa seule chance de survivre, il bondit et agrippa l'un des mammifères géants. Ce dernier s'effondra sous le poids de Dorian. L'animal tournoyait en tombant et en hurlant de peur. En serrant les dents et ferment les yeux, le chasseur se positionna du mieux qu'il put pour amortir sa chute, si il ne tombait pas dans l'eau.

Chroniques de la Mâ - Partie 1/Les paladins de BhaldërusLisez cette histoire GRATUITEMENT !