L'ichor se tarit

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Michel enfonça la porte sans même prendre le temps de vérifier si elle était ouverte. Les Pénitents se tournèrent tous vers lui avec une expression de surprise. Il saisit le premier qui se présenta et le tira vers lui pour lui asséner un coup de genou. Le garçon sembla se briser en deux et tomba à la renverse. Michel lança son pied vers le visage d'une femme. Il rencontra si peu de résistance qu'il pensa avoir frappé à côté, mais elle toucha le sol avant même qu'il ne retrouve son équilibre. Les Pénitents reprirent alors leurs esprits. Ils se jetèrent sur lui en masse. Michel eut le réflexe de reculer vers la porte pour les affronter un à un, mais il n'en eut pas le temps. Ils l'attrapèrent, le cognèrent de toutes leurs forces, en mille endroits, sans arriver à lui causer grand mal. Leurs muscles étaient depuis longtemps atrophiés, leurs os décalcifiés, leur énergie disparue. Son cuir offrait peu de prise à leurs doigts, mais ils s'agrippaient à lui désespérément. Michel ne pouvait guère que donner de la botte dans leurs jambes, visant les genoux et la plante des pieds. Il en reversa plusieurs ainsi. Bientôt, leur poigne devint encore plus faible, et il put dégager ses bras et attaquer du coude. Le nombre de ses adversaires diminuait. Seul contre douze, il allait gagner.

Puis on le frappa au flanc droit. Il perdit le souffle d'un seul coup et passa sa main à l'endroit de l'impact. Soudain impuissant, il tomba à la renverse, aussitôt écrasé par cinq Pénitents. Le gourou, le fameux Vampire, se tenait debout au-dessus de lui, le poignard rougi. Michel arriva à dégager son bras. Sa paume était couverte de sang. Ce ne fut qu'alors qu'il sentit le feu traverser son ventre. Le couteau était entré profondément, peut-être jusqu'au foie.

C'était une fin bête, misérable. Le pire était qu'il mourrait en vain, sans être parvenu à sauver ses amies.

La pièce devint plus sombre. Il eut l'impression d'entendre, au loin, une voix inconnue commander d'arrêter — il ne savait pas à qui — puis les sons s'assourdirent. La douleur qui le tenait au flanc s'apaisa d'un coup. Il croyait que c'était la mort qui entrait en lui; il l'attendit.

Il sentit un nouveau poids presser sa poitrine. Hélène s'était jetée sur la masse qui le retenait et frappait des deux poings avec une rage désespérée. Elle n'était pas résignée; la moindre des choses était de l'aider. Sa main ensanglantée trouva le visage d'un Pénitent. Il enfonça son pouce dans une de ses orbites jusqu'à l'articulation. L'homme cria et se releva aussi vite qu'il le put. Michel parvint à se redresser à demi, surpris de n'éprouver ni douleur ni faiblesse. Il comprit alors que l'ichor de Grimaldi avait soigné sa blessure, en partie du moins. Cette ultime tâche accomplie, son pouvoir s'était épuisé. Michel ne pouvait plus compter sur sa force surnaturelle, mais il était vivant.

Hélène attaquait n'importe comment, avec une rage désespérée. Ses coups portaient tout de même sur ces adversaires affaiblis, mais Michel aperçu une lame de canif. Les Pénitents se retournaient déjà contre Hélène. L'un d'eux tenta de la poignarder. Michel attrapa à temps la main armée. Dans sa position, il ne pouvait ni frapper, ni même repousser son ennemi, alors il mordit, de toutes ses forces, juste à la base du pouce, jusqu'à sentir le sang couler dans sa bouche. Soudain, il entendit une détonation.

Myriam et le Cercle de ferLisez cette histoire GRATUITEMENT !