TROISIÈME CHAPITRE, et nous sommes toujours au début

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DANS TOUT LES lycées américains, il y a cette fille

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DANS TOUT LES lycées américains, il y a cette fille. Ou ce groupe de filles, en mini-jupes, abruties jusqu'au bout de leur tétons, qui ont toutes une très bonne technique pour faire tomber les imbéciles de l'école. C'est-à-dire, le reste du bahut. Si on décortique le cliché - elles sont en or, et mettent toutes les autres filles mal dans leur peau. Il suffit d'un coup d'œil pour commencer à se sentir mal à propos de la petite taille de ses seins ou sur l'acné trop envahissante. Et souvent - n'excusez pas mon langage - ces filles sont des pétasses.

Il n'y en a pas ici. Enfin, je sais pas si c'est à ça que vous vous attendiez ? Nous sommes en 2018, mesdames et messieurs, les jours sombres ou vous vous sentiez mal à propos de votre petit bidon sont révolus. Et surtout, nous sommes en France. Aussi loin que je le sache - bien que je ne m'intéresse pas du tout à ce genre de chose, ce qui est considéré comme sexy ici n'est pas du tout la même chose qu'aux États-Unis. Tandis qu'aux States, on chérira une jolie californienne en maillot de bain, comptez sur les français pour se branler sur leur boulangère lorsqu'elle travaille la pâte de son pain.

Enfin, ce n'était pas du tout là où je voulais en venir. Mais non, pas de OMG girls ou de plastics dans le coin. Par contre, il y a bien une fille.

Astrid.

Astrid, ce n'est pas la silhouette parfaite ; c'est juste la coupe au carré, les cheveux trop volumineux pour sa tête, et une terrible habitude de se trimbaler partout avec des jumelles. Elle est ce qu'on pourrait tout de suite qualifier de bizarre, un peu hors du commun, complètement space avec ses chaussettes à l'effigie de "starry night", et pourtant !

Pourtant, c'est elle qui est à la tête de cet empire d'abrutis. Peut-être que c'est sa voix, anormalement grave, ses clins d'œil qu'elle complète par des rires ou ses manies qu'on n'a jamais vu ailleurs, comme sortir un haut-parleur et faire péter une musique de western lorsqu'elle débarque à la cantine. Astrid, c'est le genre de fille qu'on ne veut rien que pour soit. Pourquoi ? Parce qu'elle a un talent que beaucoup de personnes recherchent, aujourd'hui : elle dit à l'ennui d'aller se faire voir. En gardant sa voix bien grave, bien sur.

C'est peut-être le nombre de mecs auxquels elle a dit non si facilement et au nombre de soirées qu'elle refuse, qu'on la perçoit comme un trésor intouchable. Je sais, dans les films, ce sont souvent les antis-héros avec quelques kilos en trop et qui sortent jamais de chez eux qui sont absolument mal vu par l'école, qui sont timides et qui se font racketter dans les couloirs en attendant que le bad boy tombe amoureux d'eux. Mais ici, on est en France. Et puis c'est un roman, putain, vous allez pas me faire chier avec vos stéréotypes à la con. Ici, c'est Astrid qu'on recherche. Et elle le sait.

Elle et sa voix grave, ne traînent pas avec grand monde. On la veut tous, mais on en garde le secret. Alors elle reste dans son coin, comme un trésor qu'on ne touche pas, et offre de ses idées et de son originalité seulement à ceux qui ont la chance de tomber sur elle au bon moment.

Les abeilles n'ont pas d'oreillesLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant