Chapitre 37

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                                                    L'hiver glacial et pluvieux avait laissé place, dès les premiers jours du mois de mars, à un printemps doux et ensoleillé, réveillant peu à peu faune et flore de leur hibernation.
Les habitants de Penvanya se surprenaient chaque année par la vitesse à laquelle leurs collines et leurs vallées leur offraient des paysages si colorés où il faisait si bon vivre. C'est pourquoi Lucie Peters, jeune fille nouvellement vampire à la chevelure bouclée aussi fournie que magnifique, s'émerveillait encore de chaque petit bourgeon qui s'ouvrait tout doucement aux premiers rayons du soleil toutes les fois où elle avait entrepris une balade matinale au creux des forêts et prairies de sa toute petite ville natale.
Ce matin encore, Lucie s'était levée aux aurores, munie de son inséparable appareil photo, pour emprunter ce magnifique chemin de traverse coupant à travers les bois juste au-dessus de sa maison qu'elle avait découvert quelques jours plus tôt.
Bien que la montée fût un peu raide, ce petit passage était des plus agréable. De grands sapins emprisonnaient la fraicheur matinale tout en laissant passer les rayons de soleil, de la mousse égayait les rochers tandis que des petites pensées et des boutons d'or accompagnaient ceux qui s'y aventuraient jusqu'à arriver à un tout petit plateau donnant vue sur les plus beaux pans collines de Penvanya.
En arrivant à destination, Lucie pensa qu'elle ne se lasserait jamais de cette vue. Le printemps était à peine arrivé, et pourtant les collines étaient si fleuries ! C'était un des rares sentiers qui donnaient sur un point de vue autre que donnant sur la petite ville. Lui, donnait sur le cimetière qui se trouvait loin en contrebas et sur de magnifiques champs que l'activité humaine ne semblait pas avoir encore troublé.
Et puis... Il y avait cette étrange tour. Une vieille et large tour médiévale au toit d'ardoise à laquelle elle n'avait jamais fait attention depuis ses bientôt dix-huit années de vie.
La jeune fille s'assit en tailleur et agrippa de ses deux mains son appareil préféré qui trônait jusque là autour de son cou, attendant que la forme elliptique du soleil pointe le bout de son nez des collines d'en face. 

Elle respirait à grandes goulées l'air frais parfumé de cette odeur si singulière d'herbe mouillée par la rosée matinale. Le faible vent caressait sa peau et glissait sous sa chemise et son écharpe légère en laine dans laquelle elle s'était réfugiée.
Que cela lui faisait du bien !
Depuis qu'elle avait laissé derrière elle Auguste Fletcher et toute cette société de vampire, il y avait cela près de deux mois maintenant, son esprit semblait plus apaisé qu'auparavant. Même si elle était toujours malade, Lucie se sentait plus sereine dans son environnement habituel, continuant son existence.
La vie d'humaine qu'elle fut auparavant.
Ses grosses crises de colères incontrôlables s'étaient transformées en des phases de sommeil assez aléatoires. A vrai dire, elle n'avait jamais dormi autant de toute sa vie ! Elle s'endormait très souvent dans une seule et même journée. Cela posait parfois des problèmes, mais Lucie préférait cela plutôt que risquer de tuer ceux qui l'entouraient.
Son besoin de sang, étant toujours plus croissant chaque jour, l'obligeait à faire très attention à son alimentation. Les migraines étaient toujours présentes, à son grand désarroi, mais les voix ne faisaient plus signe de leur présence.
Se promener seule dans la forêt et les vallées qui entouraient la maison, dès les premières lueurs du soleil, réussissaient à lui apporter cette dose de sérénité qui l'apaisait la journée. C'était devenu un de ces petits rituels personnels depuis ces deux mois. 

Deux mois.

Lucie ne savait pas trop si elle considérait cela comme une éternité depuis qu'elle s'était présentée devant le Grand Conseil. Ils l'avaient visiblement bien écouté. Même Fletcher, bien qu'il entreprît de nombreuses tentatives de contact dans un premier temps, la laissait finalement vivre en paix. 

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