Chapitre 13

Depuis le début

Il me prit dans ses bras et me caressa les cheveux pendant que des torrents de larmes ruisselaient sur mon visage.

Sur le chemin du retour, aucun de nous ne prononça un mot. Les traits tirés par la fatigue du voyage, je rêvais d'aller dormir pour me réveiller le lendemain et apprendre que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve. Mais au plus profond de moi, je savais très bien qu'il n'en serait rien. Les prochains jours seraient difficiles et je devais être forte pour ma famille.

Après une douche salvatrice, je descendis dans la cuisine et trouvais ma mère assise là.

- Tu as trouvé tout ce qu'il te fallait, ma chérie ?

- Oui maman, ne t'inquiète pas pour ça.

J'appuyais ma tête sur son épaule et un gargouillis tonitruent s'échappa de mon ventre. J'étais partie en quatrième vitesse et je n'avais rien avalé de la journée. Pourtant, je ne ressentais pas la faim.

- Tu devrais manger quelque chose, Roxanne, avant que le monstre qui se cache dans ton ventre ne décide de tous nous dévorer. Je vais te préparer un sandwich. Tu veux un thé ?

- Je veux bien, merci maman.

Après s'être afférée en cuisine, ma mère prit place à coté de moi et décida de m'interroger sur ma vie dublinoise, probablement pour penser à autre chose.

- L'Irlande est vraiment incroyable et les irlandais tellement chaleureux. En ce moment, avec mon amie Siobhan, je travaille sur un mariage à l'ancienne, avec une cérémonie dans les bois. Mes clients, Pierce et Emily, sont des personnes formidables. Ils sont sublimes tous les deux mais ils n'en font pas des tonnes. Et Pierce est un géant, au sens littéral du terme !

- Et bien, cette Emily a l'air d'être chanceuse. Et toi, des rencontres ? Tu m'as parlé d'un certain Jamie, une fois, qui n'était pas spécialement correct avec toi...

Je marquais une pause. Jamie. En entendant son prénom, les larmes me montèrent aux yeux.

- Roxanne, que se passet-il ? J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?

- J'ai tout gâché, maman. Il ne voudra plus jamais me parler ni même me voir après ce que j'ai fait.

Je racontais tout à ma mère et cette dernière écouta posément, ponctuant, par moment, mon monologue de « ah » compatissants et de « oh » outrés et me tendant affectueusement un mouchoir quand mon nez et mes yeux pleuraient en même temps.

- Voilà, tu sais à présent pourquoi je vais devoir quitter l'Irlande pour finir vieille fille entourés de chats dans un appartement miteux de Brooklyn.

- Tu dramatises trop, ma chérie. Visiblement, Jamie tient à toi, il a juste besoin de temps. Tu devrais appeler tes amies pour savoir si elles ont des nouvelles. Et dans quelques jours, tu lui envoies un message pour t'excuser et lui dire ce que tu as sur le cœur. Crois-moi, avec ton père, nous avons failli nous séparer deux fois. Et à chaque fois, le temps a aidé à calmer la situation. Je ne suis pas inquiète et je suis sure que dans quelques semaines, nous en reparlerons.

J'étais dubitative. Mais comme toutes les mamans, la mienne n'échappait pas à l'adage « les mères ont toujours raison ». Epuisée par cette journée sans fin, je décidais de monter me coucher et sombrai très rapidement dans un sommeil peuplés de cauchemars.

Les pompes funèbres arrivèrent en début d'après-midi. Mes parents s'enfermèrent dans le bureau avec le responsable de la cérémonie pour choisir le cercueil et décider de la musique et autres lectures. De son vivant, j'avais souvent entendu mon grand-père dire qu'il aimerait partir au son des cornemuses sur un air de Highland Cathedral. Je le taquinai souvent, lui disant qu'il ne serait plus là pour le voir et que si nous mettions du Bob Marley, il n'en saurait rien. Mais aujourd'hui, son absence me pesait et, submergée par l'émotion, je décidais de sortir prendre un peu l'air.

An irish love (En Réécriture )Lisez cette histoire GRATUITEMENT !