V - DEATH WISH

148 14 9

Chapitre mis à jour____________

Chapitre mis à jour____________

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou télécharger une autre image.

France, 1876

Il n'avait rien d'un gentilhomme. Doté d'un humour qu'aucune jeune fille n'aurait dû ouïr, elle le soupçonnait de dissimuler son cynisme derrière ses belles tirades altières. Non pas qu'il ait jamais fait preuve d'une quelconque condescendance à son égard, mais sa manière de converser trahissait son caractère.

Charlotte ne prétendait pas pouvoir analyser le personnage après seulement quelques échanges. Elle s'enorgueillissait malgré tout d'avoir retenu quelques enseignements des lectures philosophiques que son père lui interdisait. Celles-là mêmes qui lui permettaient de mieux saisir la nature humaine.

En revanche, ses expressions demeuraient un total mystère pour la jeune fille. Il la dévisageait plus longtemps que ne l'envisageait la bienséance, et ce, sans inhibition ni pudeur d'aucune sorte. Elle était d'ailleurs presque certaine qu'il vénérait la perspective de la voir détourner le regard la première.

Cependant, il ne vint pas à l'idée de Charlotte de s'en offusquer. Bien qu'il s'agisse assurément d'un jeu pour lui, ce comportement était plus sincère que tout ce qu'elle avait pu connaître par le passé.

Accrochée à son bras, elle l'écoutait lui faire un condensé historique de la région. Ils avaient semé Marianne depuis deux bonnes heures. Si la jeune fille avait d'abord conçu quelques remords à la pensée d'avoir abandonné sa gouvernante en proie à la panique, Terrence Malaquais s'était fait un devoir de la distraire de sa culpabilité. Ainsi, elle l'avait suivi dans les allées bondées pleines de couleurs, de musiques et de fragrances mêlées.

La réprimande serait certes sévère lorsqu'elle rentrerait, mais elle s'en moquait éperdument. Elle était bien trop aise d'éprouver ce bref moment de liberté filant dans ses veines. Elle avait si souvent l'impression de ne pas appartenir à ce monde étrange, si factice et austère. Levant la tête vers son interlocuteur qui lui parlait, elle rencontra les yeux noirs et brillants qui l'étudiaient.

― Vous n'avez rien écouté de ce que je viens de vous dire, n'est-ce pas ? fit-il en retroussant le coin de sa bouche, d'un air amusé.

Elle piqua un fard malgré elle, contrite. Ils avaient marché si longtemps, qu'ils avaient parcouru les quatre kilomètres qui séparaient le centre-ville de la plage du Valais.

― Non, veuillez m'excuser, je songeais à tout autre chose.

Les embruns de la mer leur parvenaient et Terrence s'accouda sur la barrière bordant l'étendue de sable. Il considéra la jeune fille dont les pensées lui échappaient encore, tandis qu'elle observait la foule se pressant sur le rivage. Durant la marée basse, il était le théâtre de courses hippiques extrêmement populaires :

― Vous redoutez les réprimandes du duc lorsqu'il apprendra votre fugue ?

― Cela n'aurait rien d'ordinaire, sourit-elle juste avant de se reprendre.

La lignée des reines  - (Terminée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !