5

80 11 21


On se retrouve donc souvent chez Pauline pour réviser le soir : ses parents sont fréquemment absents et ont une maison gigantesque, qui, bien qu'elle ne soit pas toute récente, est très agréable.

Quand les parents de notre amie sont là, iels ne nous dérangent pas, ne nous surveillent pas, c'est appréciable. Iels préparent un goûter et parfois nous font réciter nos leçons, ils sont adorables, vraiment. Quelquefois, on a droit à quelques cerneaux de noix et un grand verre de jus d'orange, pour alimenter nos neurones, maintenir et solidifier nos synapses. Aujourd'hui, on n'a rien du tout, les adultes ne sont pas là. On mange alors chacun.e une banane pour appréhender et essayer de comprendre et retenir l'histoire de la photonique. La collation n'est visiblement pas suffisante, chacun.e de nous a su comprendre, apprendre et retenir mais une amélioration serait la bienvenue. En attendant, notre cerveau surchauffe et :

- Après l'effort, le réconfort !

Les chaises, la table redeviennent nues et nous, on sort, on marche dehors, longtemps à côté d'une forêt, pour nous rapprocher de l'essentiel : la nature.

L'air frais et reposant de la soirée est capital pour notre bien-être. Je marche entre mes deux acolytes, ma caméra autour du cou et le sourire aux lèvres.
Sans vraiment s'en rendre compte, on se retrouve tou.te.s les trois près de notre repère : au bord d'une falaise. Chaque fois que l'on va chez Pauline, on vient là, pour se reposer, discuter, entre nous, coupés du monde. Pauline écrit de temps en temps, elle embarque partout son carnet de notes pour poser et immortaliser quelques situations, réelles ou imaginaires.

Le ciel est fortement dégagé, les étoiles se font voir, par milliers. Le vent est frais, léger et sublime nos cheveux.

- Cela ne ressemble pas à un homme de logique, de statistiques, de sciences d'être bi.

- Pourquoi ça ? Demande Boris, amusé.

- Tu as les idées bien tranchées et tu n'aimes pas douter, tergiverser, ou même avoir le choix. Tu veux qu'il ne te reste qu'une issue.

- Il y a toujours plusieurs issues dans lesquelles se réfugier si tu vois ce que je veux dire !

Iels rient à gorges déployées, et moi, je prends mes ami.e.s en photo, devant le vide, devant cette brume qui cache les buildings de la ville.

Si je ne connaissais pas Pauline, si je ne connaissais pas sa bienveillance, sa désinvolture, ses expériences et son humour, j'aurais très mal pris sa petite réflexion. Je comprends mieux quand Boris dit qu'elle est maladroite. Je ne l'approuve pas, mais je pense en effet qu'elle se fiche de l'avis des autres, et que, souvent, ses propos sont mal interprétés.

Au bord de cette falaise, le sujet tourne à présent autour de M. Fleurant, le prof sur qui je fantasme un peu, je ne sais pas pourquoi. Ce professeur s'habille tous les jours en costume, il porte du classique mais aussi de l'original, il varie les matières, il est tellement sexy. Il a les cheveux mi-longs, il a une hétérochromie des iris : l'un est marron, l'autre vert. Son regard est mystérieux, tout comme son personnage. Il a le nez long et fin, la bouche peu épaisse mais charnue, la barbe fine, bien taillée, entretenue. Cet homme est grand, sec, musclé. Il porte souvent des mocassins à talonnettes. Je pense que mon attirance est seulement physique, car je n'aime pas cet homme. Il est arrogant, croit tout savoir, et montre sa domination sur tou.te.s celleux qui l'entourent.

- De toute façon, je crois que s'il devait coucher avec l'un.e de ses élèves, ce serait avec Pauline, pas avec toi. Sans offense. Lance Boris avec un sourire taquin et vicieux.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Demande Pauline, sa crinière ébène en apesanteur.

- Je veux dire qu'il préfère se servir de sa bouche pour brouter que pour autre chose.

Héliosexuel [TERMINÉE]Lisez cette histoire GRATUITEMENT !