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Est-ce mal, de penser à toi lorsque Charles me baise, à présent ? Est-ce mal, de t'avoir dans ma tête lorsqu'il me dit qu'il m'aime sans sentiments dans la voix ? Est-ce mal, d'avoir ressorti des vieux crayons de papier avec lesquels je dessinais y'a dix ans ?

J'espère que c'est mal. Envoyez moi sucer la bite rouge de Satan. Faites de moi votre vilain, votre sorcière. J'me suis jamais sentie aussi vivante. Et ma langue d'adolescente ? J'la sens revenir, me déchiqueter à coup d'insultes en expliquant sa reconnaissance.

J'ai pris Ophélie, et on a dansé sur la table. On a sauté à en briser le bois de nos souliers trop serrés. Et puis on les a foutu en l'air les souliers, on a transformé nos chaussettes en fouets et on est allé chasser les quelques chattes siamoises qui faisaient le trottoir en talons aiguilles devant notre porte.

J'ai gueulé comme les monstres avec qui je bois des cafés tout les matins.

Je pense que j'ai frappé un mur, mais de joie. J'ai un bleu sur la phalange, on dirait une nébuleuse. Les berceaux des étoiles. Les nids des galaxies. Peut-être que moi aussi, je suis une infinité ?

C'est toi qui m'a appris les infinités. Les millions de choix, les millions de combinaisons pour donner un être humain. Les infinités, les multitudes ; car chaque être humain n'est jamais qu'une seule chose, qu'on est tous des ensembles qui sont capables de plus que de rejeter du CO2 par les nasaux. Car on ne se définit jamais par un mot ou une qualité, qu'on est bâtît sur des merveilles et qu'on contribue tout les jours à notre propre monument. Tu m'as appris qu'on peut faire ce qu'on veut avec d'l'espoir, qu'on peut devenir ce qu'on veut avec du courage. Y'a tellement de choses dans nos petits corps chauds. Tellement de rêves. T'es un de mes rêves.

Tu sais, la meilleure version d'infinité que j'ai pu être, ce n'est qu'avec toi.

nos cœurs ne chantent qu'à l'aubeLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant