fragments de paradis

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Tu es ma plus belle étoile parmi les étoiles.

Tu aimes danser. Tes pas s'alignent sur tous les rythmes aux soirées. Sous les lumières colorées des trombinoscopes, tu bouges ta tête, tu bouges tes bras, tu bouges tes jambes, tu bouges ton corps, tu bouges ton âme. T'es si beau quand tu danses. Tu sembles dans un autre monde quand tu danses. Tu fermes les yeux, tu laisses les notes t'envahir ; entièrement. Puis, soudainement, tu rouvres tes paupières. Je ne sais pas comment tu fais, mais tu trouves toujours immédiatement mes yeux. Tu établies un contact entre nous et tu t'approches d'une démarche féline. Et tu me tends ta main. Je l'attrape et tu me tires rapidement vers la piste de danse. Ta main passe alors de ma main, à mon coude, à mon épaule, à mon cou, à mon dos, au creux de mes reins et elle reste là. Tu me pousses plus contre toi. Mes hanches rencontrent les tiennes. Tes lèvres rencontrent mon cou et t'y déposes une pluie de baiser. Je cale mes mouvements aux tiens. Tu cales tes mouvements au rythme de la musique. Et on se laisse tous les deux porter. Une de tes mains fait le chemin inverse du précédent, à chaque fois au milieu de la première chanson. Elle remonte de mes reins, à mes hanches, à mon ventre, à mes côtes, à mon cou, à ma joue. Tu relèves la tête. Tu trouves immédiatement mes yeux et tu établies un contact entre nous. On bouge toujours, un peu plus lentement, un peu plus sensuellement. Tu souris. Les coins de tes yeux se plissent alors pour accompagner ce dernier. Sous la lumière des trombinoscopes qu'est-ce que tu es beau.

Tu aimes danser. Souvent, tu as fumé avant. Souvent, tu ne sais plus si trop ce que tu fais. Tu te laisses bercer par le rythme de la musique, qui résonne bien trop fort. Tu te laisses guidée par le bruit de la guitare, de la batterie. Tu inventes tes propres rythmes, tu inventes tes propres pas. Tu bouges tes pieds, puis ça gagne tout ton corps vers le haut. Tu relâches ta tête, tu la fais basculer d'un côté à l'autre. T'es beau. Ton cou ainsi découvert, ton cou sur lequel j'ai envie de poser mes lèvres. Puis tu sembles reprendre conscience avec le monde. Tes yeux trouvent comme un automatisme les miens. Tu t'approches doucement, continuant de danser légèrement. Tu me tends ta main que j'attrape. Cette main qui glisse jusqu'à mes hanches qu'elle agrippe, m'approchant un peu plus de ton bassin. Ta jambe passe entre les miennes. Tes lèvres passent sur mon cou. Et tu me fais bouger au gré de tes envies. Je vogue sur la musique, je vogue sur le flou de ton esprit. La chorégraphie devient presque indécente. Pourtant, tes mains sont toujours sur mes hanches, tes lèvres sont toujours dans mon cou. Je frissonne à leur contact. Je m'approche plus de toi. Je sens ton sourire qui brûle ma peau. Tu redresses la tête, tu plongés ton regard dans le mien. Ta jambe toujours entre la mienne, tes mouvements de bassin contre mes hanches, tu places ta main délicatement sur ma joue. Tu souris. Un de tes sourires qui fait battre mon cœur plus fort. Il n'est pas parfait ton sourire, mais qu'est-ce qu'il est beau. Qu'est-ce que t'es beau sous cette lumière des trombinoscopes.

T'aimes la nuit. Comme moi. Les étoiles ça te passionne. Tu les observes depuis que tu es gamin, tu connais le nom de presque toutes les constellations. Tu aimes fumer dehors, dans la nuit, car quand la fumée s'envole, tu la vois flotter un instant dans l'air. Tu la suis toujours des yeux, puis tu colles ta main à tes lèvres et tu lances un baiser en l'air en soufflant un fume ça pour moi Papa. Je te regarde toujours faire, assise à même l'herbe fraîche. T'es si beau quand tu regardes le ciel. T'es si beau quand t'as fumé, les yeux rougis. T'es si beau en cet instant, les yeux brillants d'avoir évoqué ton père. Après, tu me rejoins sur le sol. Tu t'assois à côté de moi et tu éteins ton joint. Tu penches la tête sur le côté et tu me fixes. Tes yeux toujours brillants, tu esquisses un sourire dans ma direction. Puis tu déposes encore un baiser dans mon cou. Mon cou qui te rend fou. Moi, ce sont tes sourires qui me rendent folle.

T'aimes la nuit. Comme moi. Dans l'obscurité, on fait des choses qu'on n'ose pas. Alors que la lune brille un peu plus fort. Alors que les lumières colorées sortent de la maison. Dans la semi-obscurité, tu me regardes. Dans la semi-obscurité, tu me souris. Dans la semi-obscurité, tu me prends la main. Tu nous bascules dans l'herbe et on observe le ciel étoilé. Parmi toutes les étoiles du ciel que j'affectionne tant, tu es celle qui brille le plus à mes yeux. Tes yeux à toi, ils brillent quand tu me vois. Ils brillent tellement que ça me fait quelque chose au cœur, ça me le serre, ça me donne des papillons dans le ventre. Tu me tires vers toi et tu nous assois. Je me laisse faire quand tu me places face à toi, quand tu me prends le visage en coupe, quand tu humifies tes lèvres gercées. Je te laisse faire quand tu diminues la distance entre nous, quand tu écrases ton souffle contre ma peau, quand tu joues avec mes cheveux. Tu m'embrasses. Tu m'embrasses toujours tendrement, amoureusement. Le goût de tes lèvres est exceptionnel. C'est doux, ça a un goût du joint, ça à un goût de pluie, ça a un goût de toi. Tu me fais de nouveau basculer, mais cette fois sur toi. Une jambe de parts et d'autre de ton bassin, je m'allonge quasiment sur toi pour poursuivre ce baiser. Tes mains toujours sur mon visage, descendent jusqu'à ma taille. Tu soupires, tu gémis, tu mordilles ma lèvre inférieure. La musique qui résonne dans l'air atteint nos oreilles, nous enveloppe. Alors pour reprendre ma respiration, je me recule un peu et sous les rayons de lune, qu'est-ce que t'es beau.

Tu es mon plus bel ange parmi les hommes.

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