Comme un chant de liberté

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Alba Casaleccia n'eut pas le bonheur d'assister à la naissance du second enfant de Leandru et d'Elisabetta : deux semaines après le retour de Gabriel, Louise, ne voyant pas sa belle-mère descendre pour le petit-déjeuner, était entrée dans sa chambre et elle avait découvert la vieille femme inerte. La doyenne du clan s'en était allée paisiblement durant la nuit et tous la pleurèrent de longues semaines.

Leandru, inquiet de l'état d'abattement dans lequel se trouvait Elisabetta, veillait constamment sur son épouse. Le médecin chargé de surveiller l'évolution de sa grossesse était particulièrement inquiet et il craignait un accouchement prématuré.

C'est ainsi que le jeune homme, pour éviter qu'Elisabetta ne se fatigue inutilement, fut contraint de confier à Louise Casaleccia la garde temporaire de Clemenzia. Pour ne pas perturber l'enfant, sa grand-mère s'était déplacée à Corti où elle logerait jusqu'à la naissance du deuxième enfant de Leandru et d'Elisabetta.

A Merusaglia, les Venazzi et les Casaleccia s'organisaient contre les Giacobi et leurs amis. Gabriel, qui ne voulait pas que l'on touche à sa petite sœur chérie et Antoine Venazzi qui craignait pour la vie de son fils, avaient eu une longue conversation au terme de laquelle les deux anciens ennemis convinrent de s'unir pour protéger Leandru, Elisabetta et Clemenzia de la colère de la famille de Martin.

La nouvelle se répandit à toute vitesse en Castagniccia et de nombreux habitants se demandèrent si cette alliance était temporaire ou destinée à durer. La réponse ne se fit pas attendre car, un mois après avoir été blessé involontairement par Virgiliu Giacobi, le maire du village rendit son dernier soupir. De nouvelles élections furent organisées après son enterrement et, grâce au soutien des Casaleccia, Antoine Venazzi devint le nouveau maire de Merusaglia. Les Giacobi, comprenant qu'ils ne pourraient jamais lutter contre deux clans aussi puissants, quittèrent la région quelques jours plus tard et le village retrouva sa quiétude.

Il fallut du temps aux frères et sœurs de Leandru et d'Elisabetta pour enfin accepter leur mariage : en réalité, c'est une nouvelle relation improbable qui força les deux familles à faire définitivement la paix. En effet, après son retour du continent, Matteu, avait appris avec consternation que Carla, la jeune femme qu'il aimait, s'était enfuie avec un italien. Un jour, dans les rues de Corti, il avait croisé Fiora, l'une des cousines de Leandru et il avait ressenti d'étranges sensations. Il avait rencontré la jeune femme à plusieurs reprises et, après avoir hésité de nombreuses fois, il était allé lui parler.

Fiora, qui le connaissait de vue et qui avait appris à détester les Casaleccia depuis sa plus tendre enfance, éconduit Matteu avec rudesse. Ce dernier cependant, ne se laissa pas impressionner. Blessé dans son orgueil, et surtout, très attiré par la jolie cousine de Leandru, il s'obstina pendant trois mois à tout faire pour se retrouver le plus possible sur le chemin de la jeune femme. Fiora, énervée mais en même temps troublée par l'entêtement de Matteu, finit par demander de l'avis de son cousin.

Leandru eut donc la surprise de la voir se présenter un soir à son domicile avec sa soeur aînée. Après une très longue conversation, Leandru accepta de devenir le chaperon de Fiora tout en songeant que le destin était parfois curieux.

Il se présenta le lendemain au domicile des parents de la jeune femme : ces derniers faillirent avoir une attaque lorsque Leandru révéla le nom du prétendant de Fiora. Mais, ils consentirent à laisser une chance à Matteu.

Après le décès de Rose, Guilio Venazzi avait quitté Poggio-Mezzana pour revenir s'établir près des siens et il avait eu une franche discussion avec Teresa, sa grande sœur, au sujet des problèmes liés aux Giacobi et aux Casaleccia. Cette dernière avait pris le temps d'ouvrir les yeux aux parents de Fiora et elle avait réussi à les convaincre d'oublier leurs rancœurs.

Cum' un cantu di libertaLisez cette histoire GRATUITEMENT !