HS 2 - Artéfacts

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Kővágóörs, Hongrie, 19 mai 2010

Pavel Herczinc était content : sa soirée était délicieusement perverse, comme il aimait en offrir à ses obligés. Les meilleurs plats et alcools couvraient les tables, d'autres produits moins légaux étaient également à la disposition de ceux qui en faisaient la demande. Les extras avaient été choisis plus pour leur plastique que pour leurs compétences professionnelles et on leur avait bien fait comprendre que si certains de ses messieurs-dames voulaient profiter de leurs charmes... disons qu'il y avait une raison pour laquelle cette soirée était payée bien au-dessus du minimum syndical.

Cela sans compter les spectacles proposés ; divers musiciens baroques et classiques, en costume d'époque, s'étaient succédés pour donner à la soirée une aura de respectabilité, puis des bateleurs, cracheurs de feu et autres acrobates avaient fait une démonstration plus physique, avant que les danseurs orientaux ne fassent leur entrée. Mais c'était bien plus tôt : l'heure était à des réjouissances autres et Pavel, en hédoniste averti, se félicitait des compétences de la dominatrice rouquine et de ses aides.

Il discuta un bref instant avec Vlakis, son chef de la sécurité, qui avait toujours un peu de mal à maintenir sa façade de professionnalisme dans ce genre de soirée. Rien à signaler sur le périmètre. Tant mieux ; la dernière chose dont il avait besoin, c'est la présence de journalistes. Ou de voleurs. Une collection comme la sienne, occulte ou non, cela attirait forcément des convoitises.

Il ne remarqua pas la grande femme blonde dans sa robe blanche, qui se glissa hors du salon. Avait-il seulement remarqué qu'il ne l'avait jamais invitée ?

***

**Kelvin ?**

Le contact télépathique arriva instantanément : **Je suis dans les cuisines. Il y a un peu de monde, mais je devrais être prêt dans deux minutes, grand max. Arel, par contre...**

**Ne te crois surtout pas obligé de m'aider !**

L'image mentale de son compagnon – son autre compagnon – aux prises avec un couple libidineux dont il essayait de se dépêtrer de la façon la plus obséquieuse possible, la fit sourire.

**Un problème ?**

**Rien d'insolvable, répondit-il, mais je risque d'être en retard.**

Dans les couloirs de la demeure, Florianne glissait sur ses escarpins à haut talons – elle trichait, s'aidant d'une pincée de télékinésie pour adapter sa démarche – entre les différents senseurs de la villa. Pavel Heczinc, trafiquant aux multiples casquettes, était un grand paranoïaque, qui truffait ses pied-à-terre de systèmes de sécurité de dernière génération.

Enfin, de dernière génération terrienne, s'entend.

Florianne enclencha le communicateur subvocal camouflé dans son tour de cou en or blanc :

— Rage, tu me reçois.

— Fort et clair. La voix du jeune homme sonna un peu brutalement dans son oreille droite. Elle ajusta le volume sonore à l'aide d'un des boutons de sa montre.

— Parfait. Où en es-tu de la sécurité ?

— Pfou, je n'y crois pas, mais je suis complètement dedans. Je ne sais pas trop ce que c'est pour un exploit, mais... wow. Ça poutre !

— Très bien. Désactive les systèmes jusqu'à la salle du coffre secondaire, garde un œil sur les patrouilles et reste en contact.

— Voui, chef.

Kelvin, toujours habillé de son short minimaliste à bretelles et de sa coiffe de soubrette, l'avait rejoint. Elle l'embrassa brièvement sur les lèvres.

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