Chapitre 36

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Un frisson me parcourt l'échine. Le soleil a été recouvert par les nuages le reste de l'après-midi et voilà qu'il commence à se coucher. Eden se réchauffe les mains en soufflant dessus pendant que Nathan essaye d'allumer un feu.

Nous avons suivi l'odeur qui longe la rivière sans s'arrêter, sans rien trouver de plus que la touffe de poil. Ayant marcher toute la journée, nous éloignant de tous ce qu'on a toujours connu, nous avons décidé de nous arrêter pour la nuit. Une nouvelle forêt, voisine à la notre, nous est apparue pendant le voyage. C'était le moment parfait pour s'arrêter et y passer la nuit.

J'en profite pour sortir le bocal que m'a donné ma mère. En ouvrant le couvercle, l'odeur du mélange des plantes séchées me donne un haut-le-cœur.

Eden: La vache tu vas vraiment mettre ça sur ta peau ?!

Nathan rit silencieusement en continuant de frotter ses bouts de bois.

Moi: Elle a dû changer la recette pour que je guérisse plus vite.

Nous explosons de rire.

Moi: Bon j'suis bien obligé de toute façon si je veux guérir. Imaginez qu'une meute ennemi se cache dans cette forêt, on est plus sur notre territoire les gars, ça craint.

Des étincelles illuminent nos champs de visions. Nathan a enfin réussi à allumer son feu. Eden s'empresse d'applaudir.

Eden: Bah c'est pas trop tôt !

Nathan: Si t'étais pas content t'avais qu'à le faire.

Il jette ses deux bouts de bois dans le feu qui commence à grandir. La chaleur me fouette immédiatement le visage et un nouveau frisson me parcours.

Je relève la manche de mon pull, puis le bandage pour observer ma blessure. Mon os est entièrement recouvert par ma nouvelle peau qui commence à cicatriser. La brûlure m'a carbonisé une partie du bras mais le remède m'a presque guéri. Ma mère est vraiment forte.

Moi: Dans deux jours ça devrait être bon, je vais pouvoir utiliser mon pouvoir de guérison.

Nathan: Tu devrais garder tes forces, on sait pas ce qui nous attend. Prend le temps de guérir complètement plutôt que de précipiter les choses et de te blesser à nouveau.

Eden: Mais non il faut qu'il soit remit sur pied le plus tôt possible et pis utiliser son pouvoir de guérison ne prend aucune énergie.

Sans qu'on ne s'y attende, Nathan, qui plantait un bâton dans le feu pour bouger les branchages, l'enfonce dans la main d'Eden qui hurle de douleur.

Je lâche mon pot sur le coup, choqué par la réaction de Nathan. Lorsqu'il retire le bâton qui a formé un trou dans la main d'Eden, il le relance dans le feu. Eden continue d'hurler en regardant sa main.

Eden: MAIS T'ES TARÉ !

Nathan: Maintenant utilise ton pouvoir de guérison, que je rigole.

Je ramasse mon pot dont quelques feuilles sont tombés, puis je me relève pour séparer les jumeaux.

Moi: Nathan, pourquoi t'as fais ça ?

Nathan: Il fait le malin à croire qu'il a toujours raison, qu'il me montre que j'ai tord dans ce cas.

Eden cicatrise légèrement mais ses veines ressortent de ses doigts.

Eden: Putain nan mais t'es sérieux ! J'avais pas besoin de ça merci, imagine qu'on se fasse attaquer là ! T'es complètement con.

Nathan s'éloigne pour s'adosser contre l'un des arbres.

Nathan: J'ai bien le droit de lâcher prise des fois, avec un cas pareil.

Eden se force à cicatriser mais la peau a du mal à se refermer totalement. Il abandonne puis attrape le morceau de bandage que je lui tend.

Moi: C'est bon calmez vous, Nathan ne refais plus ça, c'est inutile.

J'attrape une feuille du mélange et l'applique sur la main d'Eden avant qu'il ne fasse son bandage. Il grimace.

Moi: Ça pique ?

Eden: Un peu, tu veux que je le fasse pour toi ?

Je lui tend le pot et lui présente mon bras. Il n'ose pas le regarder.

Moi: Qu'est ce qu'il y a ?

Eden: Non rien, c'est juste que c'est horrible.

Moi: Laisse je vais le faire.

Eden: Non c'est bon.

Il passe lentement la feuille sur ma plaie et je sursaute, non pas de douleur, mais d'étonnement. La feuille semble rouler sur ma peau, la texture n'est pas celle à laquelle je m'attendais.

Moi: C'est doux.

Eden: Ta mère est vraiment forte n'empêche.

Moi: Ouais, c'est la meilleure.

Nathan sort de l'ombre et s'approche du feu pour se réchauffer.

Nathan: Elle était mal ces derniers temps.

Je reste figé, attendant la suite de sa phrase.

Eden: T'es sérieux mec ? Il t'arrive quoi aujourd'hui ?

Pendant qu'Eden finis d'enrouler mon bandage, je ne lâche pas Nathan du regard.

Moi: Qu'est-ce que tu veux dire ?

Lui reste fixé sur les flammes qui se sont peu à peu stabilisées.

Nathan: Tu sais qu'elle est malade, non ?

Moi: Oui et alors ? Mathieu lui ramène sa plante tous les mois.

Eden lance les yeux au ciel en se tenant la tête.

Nathan: Il n'en a pas trouvé ce mois-ci.

Je me lève, pris d'une bouffée de chaleur.

Moi: Mais qu'est-ce que tu raconte ?

Il tourne enfin les yeux vers moi.

Nathan: La plante est devenu trop rare, il n'y en a presque plus. Tu n'es pas au courant ? Mais oui bien sûr tu t'en fou.

Je sens mes jambes trembler et je perds le contrôle. Ma main attrape instinctivement le col du pull de Nathan.

Moi: Arrêtes de dire des conneries ! Elle va très bien ! Elle me l'aurait dis si elle avait un problème !

Il se lève à son tour.

Nathan: Ah tu crois ça ? Avec tout ce que tu lui as fais subir ?! Tu ne lui demande jamais si elle va bien !

Eden: Eh Nathan je sais pas ce qui te prend mais tu devrais te calmer !

Nathan: Fou moi la paix, j'en ai marre de faire l'intello, être entouré de gens comme vous me rend fou !

Je le plaque contre l'arbre mais il ne se débat pas.

Moi: Pourquoi tu me dis ça maintenant ? Hein ? Maintenant qu'on est loin d'elle ?

Eden: Angelo, ils cherchent encore mais elle n'est pas encore en danger de mort, ils vont trouver cette plante j'te jure.

Je lache Nathan à contre cœur puis recule pour regagner mon sac. Le téléphone en main, je compose le seul numéro présent dans la carte: celui de ma mère.

Contrat avec le surnaturel - TOME 2Lisez cette histoire GRATUITEMENT !