Prise de conscience et regrets

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Gabriel apprit la mort de Martin Giacobi à sa sortie de prison. Inquiet, il demanda à son oncle Joseph qui était venu le chercher si Virgiliu avait proféré des menaces à l'encontre de leur famille.

Le corse ne put cacher son inquiétude à son neveu :

- Tu as beaucoup de chance de ne sortir que ce matin Gabriel. Et si Leandru et Elisabetta n'avaient pas été présents au village le jour du drame, Dieu sait ce que Virgiliu aurait pu faire...

- Mais il ne nous lâchera pas n'est-ce pas ? Il s'en prendra à ma sœur, à moi sans doute, à toute notre famille !

Tu sais,...je ne regrette pas la mort de Martin.

- Gabriel ! Ne redit surtout jamais ça ! Les Giacobi n'attendent que cela, que tu te trahisses auprès d'eux, que tu démontres que tu n'éprouves aucune peine pour la disparition de leur fils !

- Et pourquoi en aurais-je ? Il a essayé d'abuser de Lisa, il a brutalisé ma nièce !

- Ta nièce que tu n'as pas hésité à arracher aux bras de sa mère dès sa naissance. Un conseil Gabriel : occupe-toi de ta grand-mère et de l'exploitation familiale et tient-toi loin de Virgiliu.

- Et s'il essaie de me tuer ?

- J'espère qu'il est plus intelligent que ça...

Gabriel fronça les sourcils et il ne dit plus un mot jusqu'à son retour à Merusaglia. Il s'apprêtait à entrer dans la demeure des Casaleccia pour aller saluer sa mère quand une voix rauque l'interpella derrière lui.

Avec lenteur, le jeune homme se retourna et il tressaillit en apercevant la silhouette massive de Virgiliu Giacobi. Ce dernier semblait avoir sombré dans la folie depuis la disparition de son fils et le fusil qu'il tenait fermement dans ses mains ne présageait rien de bon.

En tentant de masquer son angoisse, Gabriel essaya d'entamer le dialogue avec le père de Martin :

- Virgiliu, vous...vous devriez déposer votre arme. C 'est dangereux, vous pourriez blesser quelqu'un et.. ;

- Ferme-là ! Tu ne devrais pas être ici ! C'est toi qui mérite d'être dans un cercueil à la place de mon fils !

- Je ne suis pas responsable de ce qui lui est arrivé !

- S'il n'avait pas été incarcéré à Bastia, rien ne serait arrivé !

- Il a brutalisé ma sœur et ma nièce, il devait être puni.

- Je vais te tuer Gabriel. Tu es le seul responsable !

Le corse leva lentement son arme mais au moment de viser, il reçut un violent coup à la tête et il s'effondra sur le sol.

Gabriel croisa alors le regard de Leandru qui venait de surgir de la maison. Les deux hommes se toisèrent un instant puis le frère d'Elisabetta s'approcha avec hésitation de son ancien ennemi :

- Merci.

- Tu ne devrais pas rester là Gabriel.

- Je suis venu saluer ma mère et ma grand-mère. Et...je voudrai te parler également.

- Plus tard. Nous devons nous occuper de lui.

Leandru désigna Virgiliu Giacobi toujours étendu sur le sol, inanimé.

- Tu devrais aller chercher Saveriu pour qu'il comprenne que Virgiliu est un danger pour nous tous.

- Et que fais-tu de lui ?

Cum' un cantu di libertaWhere stories live. Discover now