Chapitre 32

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Chapitre 32

Le soleil pointe ses premiers rayons qui viennent taper contre le gros rocher isolé. J'entrouvre les yeux, essayant d'adapter ma vision au jour. La patte toute engourdie, je peine à me lever.
Je l'ai attendue toute la nuit ici, mais elle n'est pas venue. Encore une fois.

Je longe le chemin qui mène au repaire, marchant tête baissée, intérieurement détruit.

Et si je ne la revoie jamais ?

J'y ai réfléchis cette nuit, je crois être sûr de moi. J'ai pris une décision et il faut que j'annonce ça au autres. Mais quand je pense à ma mère, je ne suis plus sûr de rien.

J'arrive enfin devant la grande maison, redeviens humain, et prend une grande inspiration avant d'ouvrir la porte lentement.
Le soleil se lève et passe à travers les fenêtres, il doit être aux alentours de 6h30.
Les adultes sont réunis autour de la table dans la cuisine. Je crois qu'il ne m'ont pas entendu entrer. J'active mon ouïe.

Lou: J'ai demandé au jumeaux, ils ne savent pas.

Mathieu: Il faut vraiment que tu arrives à le canaliser, on va le perdre, Amy.

Ma mère suffoque, elle est entrain de pleurer. Mon coeur s'accélère automatiquement, se brisant encore plus. Je m'approche un peu.

Mon père: On a tout essayé, il ne nous écoute pas. Je ne sais plus quoi faire.

Ma mère parle enfin.

Ma mère: Je ne comprends pas, j'ai... j'ai l'impression... qu'il nous déteste.

Elle pleure de plus belle après ses paroles qui ne font qu'accentuer ma douleur. Je suis à présent derrière le mur, je n'ai qu'un pas à faire pour me montrer.

Rosalie: Je ne dis pas que tu es une mauvaise mère, loin de là, mais ton fils doit avoir des problèmes. Il est tellement méchant, on ne peut l'être sans raison.

Ma mère: C'est à cause de son pouvoir que je lui ai transmis... il... il a dit qu'il entendais tout, donc si la plupart des gens pensaient du mal de lui, il le savait. Il en a simplement marre des hypocrites.

Chris: Mais personne ici ne pense ça de lui, enfin... pas moi en tout cas.

Sa grosse voix résonne dans la pièce. Tant pis, je me lance. Je fais un pas et directement tous les regards sont braqués sur moi. Ma mère, qui était en bout de table, se retourne et se lève en essuyant ses larmes.

Ma mère: Angelo... tu étais où ?

Mon père se lève lui aussi, ne sachant pas s'il doit être soulagé de me voir, ou s'il devrait me gifler devant tout le monde.

Moi: J'ai dormi dehors.

Ma mère me prend par les épaules.

Ma mère: Mais... pourquoi ?

Moi: Pour attendre Naamah, je croyais qu'elle allais venir.

Personne ne bouge, personne ne me regarde. Le silence qui s'installe est pesant.

Ma mère: Je comprends que tu sois triste, mais tu trouveras une autre fille...

Je recule, encore une fois, personne ne me comprend.

Moi: Non, c'est elle, mon âme sœur. Tu devrais comprendre, papa t'as choisi pour ça, il l'a senti, et je ressens la même chose aujourd'hui pour elle !

Mon père: Si elle est partie, c'est qu'elle ne devait pas t'aimer comme toi tu l'aime.

Moi: Qu'est ce que tu en sait ? Tu lui as déjà parlé ? Tu sais ce qu'elle ressens ? Je ne crois pas. Si elle est partie c'est qu'elle avait une raison.

Mathieu: Oui on le sait, elle avait peur qu'on la rejette ou je ne sais quoi, mais en sachant qu'elle n'a pas menti, on ne l'aurais pas fait. C'est qu'il y avait autre chose.

Je laisse le silence prendre le dessus en réfléchissant. Le regard de ma mère est si sincère et triste, que c'est à cause de lui que j'hésite à ouvrir la bouche.

Moi: Je... je vais partir à sa recherche... je veux...

Ma mère m'attrape, comme je m'y attendais, pour me serrer contre elle.

Ma mère: Non ! non Angelo ne fait pas ça... ne me fais pas ça... s'il te plaît...

Ses larmes, brûlantes, viennent se loger dans le creux de mon cou pendant que tous les regards sont à nouveau sur moi. Personne ne sait quoi dire.
Pour la première fois, j'enlace ma mère en lui caressant les cheveux.

Moi: Quand je la trouverai, je reviendrai...

Elle relève la tête, les yeux rouges. Je n'ose pas les affronter, c'est trop dur.

Ma mère: Mais combien de temps avant que tu ne revienne ? Et s'il t'arrive quelque chose ? Non... je n'ose même pas l'imaginer... Angelo...

Mon père la prend dans ses bras après qu'elle ai reculé.

Mon père: Tu veux partir mais avec ta blessure, comment tu compte t'en sortir en cas de danger ?

Je fixe mon bras, il est toujours bien amoché malgré le pouvoir de guérison des plantes. Mon propre pouvoir de guérison n'est pas assez fort pour refermer la blessures tellement elle a été profonde. Il me faudrait encore au moins une semaine pour que ma peau reprenne place.

Moi: Maman n'as qu'à me préparer son remède, je l'appliquerai seul. De toute façon, je n'ai plus si mal, j'arrive à trottiner.

Ma mère: Arrête de mentir Angelo, c'est impossible.

Moi: Je m'en sortirais seul maman, tu ne dois pas t'inquiéter.

Mathieu se lève en plantant ses poings contre la table, ses doigts craquent.

Mathieu: Donc, Angelo tu compte quitter la meute pour de bon ?

Je lève un sourcil, ne comprenant pas ce sous-entendu.

Moi: Qu'est-ce que tu veux dire ?

Le rictus de Mathieu s'agrandit alors que ma mâchoire se crispe.

Mathieu: Peut être que c'est ce que tu as toujours voulu au fond, partir. Tu ne nous porte pas dans ton coeur, on le sait. Tu veux diriger ta vie comme tu l'entends, sûrement veux-tu fonder ta propre meute, la notre ne te plaît pas ?

Je ferme les yeux quelques secondes avant de les rouvrir, d'un jaune intense.

Moi: Ouvrez-tous bien vos oreilles une dernière fois, je-vais-chercher-Naamah, je n'ai jamais parlé de fonder ma meute, alors arrêtez de croire que vous savez ce que je pense, arrêtez de parler pour moi.

Je me tourne vers ma mère.

Moi: Maman, si je pars, ce n'est pas pour te laisser seule. Je vais revenir, je te le promet. Et peut être que grâce à Naamah, j'aurais changé... et à mon retour tu seras enfin fière de moi.

Contrat avec le surnaturel - TOME 2Lisez cette histoire GRATUITEMENT !