Dysphorie.

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Tu te cache derrière des vêtements, t'assume même plus ce que tu es. Tu évite soigneusement de poser ton regard sur tes jambes, ton ventre, ton torse, tes bras, tout ton corps. Tu te trouve immonde. Tu te repousse seul. Ton angoisse te guide à chaque pas que tu fais, plus ton corps grandis, moins tu l'apprécie. Plus tes hanches s'ellargissent, plus tu as peur, plus tu stresse de devenir "une vraie femme".

Tu n'ose plus de déshabiller. Quand tu le fais, pour prendre une douche, tu évite de te voir dans le miroir. Tu attends que le miroir s'embrume pour enfin oser passer devant. Tu ne te regarde plus dans la glace.

Ta haine de toi deviens ton seul phare. La confiance, tu la cherche dans les yeux de tes ami.e.s. Tu essaie de leur montrer à quel point tu te hais, à quel point t'observer devient une torture, un obstacle à surmonter, mais ielles ne le voit jamais.

Seul dans la nuit, tu cherches une aide dans les témoignages de celleux qui vivent la même chose. Et tu n'y arrive pas. Tu baisse les manches de ton pull, et tes bras avec. Tu n'accepte même plus de voir tes poignets ou tes chevilles.

Et puis une lueur d'espoir. Un compliment apparaît. Une nouvelle lumière dans ta vie. Son regard rassurant sur ton corps te plait, te guide indirectement. Et tu arrête de pleurer, d'essayer de t'aimer, car tu sais qu'il t'aimera pour toi. Tu bois ses paroles et ça te fais du bien, tu reprends lentement confiance en toi, en la vie, en ton corps, et tu remonte tes manches. Tu revois enfin ta peau, longtemps oubliées, et tu recommence à t'aimer. Tu n'a plus peur de tomber, car il sera là pour te relever, et tu le sais.

Tu recommence à t'admirer, à t'habiller comme il te plaît, et tu regarde enfin ton reflet.

Tu souris.

"Salut, dysphorie. Je ne veux plus jamais te voir dans ma vie."

-Malo


Dysphorie.Where stories live. Discover now