Je tuerais pour un café !

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Alison regarda sa montre, fit la moue. Elle était en retard.

Tout ça à cause de Steven.

Elle soupira, traversa la rue au pas de course malgré la marée humaine que l'approche des fêtes jetait à l'assaut des magasins.

Guirlandes lumineuses, décorations de toutes sortes habillaient la ville comme un immense sapin de Noël.

Elle sangla la ceinture de son manteau autour de sa taille, serra les dents pour ne pas gronder comme un ours. Le retard qu'elle prenait à louvoyer parmi ces milliers d'inconnus occupés à lever le nez stupidement pour admirer les devantures à la gloire de Noël, la contrariait prodigieusement.

Cette année, le froid s'abattait sur New York. Les météorologues envisageaint des chutes de neige exceptionnelles pour les fêtes prévues dans moins d'un mois.

Alison fonça vers le Starbucks situé à quelques pas de son bureau. Elle y entra, conquérante, assurée de son droit d'habituée. La foule dense de la boutique ne l'arrêta pas sur sa lancée. Elle remonta la file pour atteindre le comptoir et obtenir le Saint Graal des mains charitables d'un chevalier en tablier rouge.

Une main rude la happa, stoppa net son avancée déterminée.

– Et vous ? Où allez-vous comme ça ? l'interpella son agresseur.

Les clients près du zinc se retournèrent vers Alison et le client mécontent.

– Je viens chercher mon café, répliqua-t-elle avec morgue.

Elle le fusilla d'un regard hautain. Ce n'était pas cet individu qui allait contrarier ses projets et l'empêcher d'obtenir rapidement un breuvage dont elle avait un besoin urgent et salvateur.

– Pas de passe-droit !

Le malotru montra la file d'attente devant eux.

– Mais...

Elle suffoqua, outrée par le comportement hargneux de l'homme.

Il la fixait sévèrement, les sourcils froncés au-dessus de prunelles extraordinairement bleues contrastant avec le visage hâlé.

– Ce n'est pas parce que vous êtes... craquante que vous devez passer devant tout le monde, déclara-t-il en la déshabillant du regard.

Alison rougit de colère, irritée par le commentaire lourdaud d'un dragueur d'un autre temps. Plus personne ne se montrait aussi balourd. À moins de sortir de sa campagne.

– Mais, je veux bien vous laisser ma place si vous me donnez votre numéro de téléphone, finit-il d'une voix gouailleuse.

Le sourire de charme, la mine appréciatrice n'adoucirent pas le mépris dédaigneux d'Alison. Elle le foudroya d'un regard d'arrogance, se dégagea de la poigne sur son bras, outrée par la manière cavalière dont il la traitait.

Quel malotru ! Pour qui se prenait-il ? Un séducteur à la petite semaine ?

Elle le détailla à son tour d'un air supérieur. Elle enregistra en un clin d'œil les caractéristiques du prototype « dragueur sûr de son charme » et persuadé de tomber une femme en une seconde.

Carrure athlétique, épaules larges gonflées aux stéroïdes, hanches étroites, jambes interminables moulées dans un jean noir. Il correspondant en tout point au type d'individu viril sur lequel les femmes se retournaient dans la rue, une bouffée de chaleur à l'esprit en fantasmant une rencontre fortuite dans un lit.

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