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Je m'écartais de lui et fronçais les sourcils. Il tendit sa main dans ma direction et je levais un sourcil. Il voulait faire la paix ?

- La bague, lâcha-t-il alors et j'inspirais profondément, mes épaules s'affaissant.

- Non, claquais-je froidement et il baissa son bras en faisant craquer ses doigts.

- Je peux savoir pourquoi ?, siffla-t-il et je haussais les épaules.

- Moi, j'aimerai savoir pourquoi tu lui as dit de me la rendre.

- C'était une erreur. Tu es toujours aussi pitoyable, grinça Connor et je me crispais. Tu n'as qu'à la garder, je m'en tape au pire. Ce n'est strictement rien d'autre qu'une bague.

Il se détourna et sortit des vestiaires, les poings contractés. Je secouais la tête et enfonçais mes mains dans mes poches. Et dans l'une d'elles, mes doigts jouaient avec l'anneau en métal. Je ne pouvais pas le garder.

- Steven ? Tu dors ?

Je grognais et ouvris les yeux pour voir Arthur se sécher les cheveux, une mine moqueuse sur le visage. Je secouais la tête, baillais et m'étirais en me levant. Pendant ce temps-là, mon meilleur ami s'habillait, chantonnant une connerie alors que je passais mon sac sur mon dos.

- Je vais rentrer et dormir, marmonnais-je en passant une main dans mes cheveux et Arthur ricana.

- Ça ne m'étonne pas de toi. Heureusement qu'on est en week-end.

- Ouais, j'avoue que je n'aurai pas supporté un jour de plus, soufflais-je tandis qu'on sortait enfin du gymnase.

- On se voit dimanche au fait ?, demanda-t-il en passant sa tête dans l'encolure de son pull alors que je tenais son sac.

- Je sais pas, ça dépend si ma mère bosse ou non.

- D'accord, tiens moi au courant alors.

Je lui souris et hochais la tête puis nous rejoignions Amalia qui, appuyée contre un mur, nous attendait sur son téléphone. La journée était enfin terminée. La jeune femme passa ses bras autour de nos tailles et Arthur passa le sien autour de ses épaules alors que j'attrapais sa taille. C'était loin d'être pratique pour marcher mais au moins, on était bien.

Tandis qu'on sortait du lycée, je me fis un chemin jusqu'à l'arrêt de bus, tirant Amalia derrière moi. Arthur suivait, racontant ce qu'il s'était passé en cours de sport. La seule fille n'était pas étonnée. Je m'assis sur un banc pour attendre le bus mais Amalia grimaça alors, un sourire désolé affiché sur sa bouille.

- Je ne rentre pas en bus aujourd'hui, mon père est venu me chercher, expliqua-t-elle en secouant son téléphone entre ses doigts. Et il propose que tu rentres avec nous Arthur, vu qu'on habite pas loin l'un de l'autre.

Mon meilleur ami accepta facilement, il serait chez lui d'ici dix minutes alors qu'avec le bus, il en avait bien pour une heure. Je tendis mon majeur dans sa direction alors qu'il me lâchait sans remords. Amalia me salua et Arthur s'excusa avant de déposer un baiser bruyamment sur mon front.

- Putain mec !, criais-je alors qu'il rejoignait notre amie en trottinant, éclatant de rire au passage.

Je râlais et essuyais mon front, pestant violemment contre mon meilleur ami. Je soupirais et attrapais mon téléphone ainsi que mes écouteurs dans mon sac. J'avais deux possibilités : soit rentrer à pieds, soit en bus. Le choix fut vite fait, je passais mon sac sur mes épaules, lançais la musique et pris le chemin vers chez moi. Le chemin est fait en une vingtaine de minutes. Bien moins qu'avec le bus qui fait le tour de la ville, pour finir par me déposer quarante minutes plus tard. Néanmoins, je le prends la plupart du temps pour être avec Arthur. Je secouais la tête alors qu'une chanson du groupe KHS résonnait dans mes oreilles. Niveau reprise de musique, je n'avais jamais réussi à trouver mieux.

Je chantonnais tout en ouvrant le portail de ma maison. Impatient de retrouver le petit chat roux. Malgré que ma mère n'allait pas être là, j'allais avoir une compagnie adorable. Sauf que je déchantais rapidement.

Le paillasson avait été déplacé. Je fronçais les sourcils et le remis en place alors que mon regard glissa derrière moi. Personne. Mon cœur s'emballa alors que je me redressais, sortant les clefs de la poche de mon sac. Je n'aimais pas traîner quand il se passait ce genre de choses. Un paillasson ne bougeait pas tout seul bordel !

Je jetais des regards derrière moi tout en tentant de faire rentrer la clé dans la serrure, de plus en plus paniqué. Je devais sûrement me faire une montagne pour rien. Du moins, j'essayais de me rassurer comme je pouvais.

Jusqu'au moment où une ombre sortit de derrière le sapin de l'entrée. Je me figeais, la regardant se déplacer vers moi. Le temps recommençait à se couvrir. De pire en pire cette journée. Je déglutis quand l'homme -je n'en avais aucun doute en voyant la carrure- se planta devant moi, sortant un couteau de la poche de son pull. Ma main tremblait sur la poignée de porte tandis que l'autre s'avançait toujours vers moi. J'allais mourir. Une de ses mains étaient appuyés contre son bras et il avait rabattu sa capuche sur sa tête, baissant au maximum son visage. J'allais mourir et je ne saurai même pas qui est mon assassin. Je tentais de hurler mais ma voix s'éteignit au fond de ma gorge quand le couteau se releva vivement vers moi. Je couinais même. Je devais paraître ridicule mais la peur affluait dans chaque cellule de mon cœur. Une arme pointée dans ma direction, un fou furieux sur le perron de chez moi, rien n'était fait pour que je me sente à mon aise. Je me crispais un peu plus quand il fit un autre pas dans ma direction et me plaquais un peu plus contre le porte.

- N'avancez plus, marmonnais-je et il ricana.

Voilà comment perdre une nouvelle fois crédibilité en une leçon. J'essayais de me reprendre, d'avoir plus de prestance mais je n'y arrivais pas.

- Tu vas ouvrir la porte, d'accord ?, finit-il par lâcher, d'une voix étrange et je fronçais les sourcils. Aucun geste brusque, je ne vais pas te faire de mal.

J'eus envie de rire. Son couteau était toujours dirigé vers moi. Qu'est-ce que j'avais fait pour mériter ça ? Je passais une main dans mes cheveux et sans le quitter du regard, je tournais la clef dans la serrure. Brusquement, l'homme me poussa à l'intérieur et je trébuchais, m'étalant pitoyablement dans l'entrée. Il referma la porte derrière lui, attrapa mon sac et le lança dans le salon. Dans la foulée, il agrippa mon bras, me releva alors que je tenais mon poignet, qui s'était violemment cogné au sol. Sans grande difficulté, il me poussa sur le canapé et je remontais vivement les genoux contre ma poitrine pour protéger mon cœur un maximum. Instinct de survie. J'allais peut-être rester en vie. La lame de son couteau luit à la lumière du lustre et je déglutis. Peut-être pas.

Je jetais un regard à mon sac, et mon téléphone tombé au sol. Si j'allais assez vite, je pourrais l'attraper, sortir et appeler la police.

- Je ne vais pas te faire du mal Steven, souffla-t-il alors en s'asseyant sur la table basse et j'écarquillais les yeux.

Oh merde. Il releva alors la tête vers moi, laissant sa capuche retombée dans son dos et si ça avait été possible, ma mâchoire serait tombée au sol. Connor. Connor venait de m'agresser et me faisait face, la mine inquiète, torturée et fatiguée. Je déglutis et fis le tour des yeux de chez moi, prêt à voir apparaître des caméras. Mais rien. Je me levais brusquement et mon poing s'enfonça dans son visage alors que je me mis à lui hurler dessus.

- Tu es vraiment un con pas fini ! Tu te rends compte de la peur que tu viens de me faire ?! J'ai cru que j'allais mourir ! Non mais sans déconner ! Qu'est-ce qu'il t'a pris de vouloir me faire cette frayeur ?!

- Steven...

- Oh tais-toi ! Je meurs d'envie de t'en mettre une seconde, criais-je et il roula des yeux. Tu es vraiment un grand malade ! Tu...

- Écoute, j'ai besoin de toi, me coupa-t-il alors en se redressant, et ma voix mourut la seconde suivante. Je me tire juste après si tu veux. Mais aide-moi avant. S'il te plaît...

J'écarquillais les yeux alors qu'il se rasseyait, soupirant grandement tandis qu'il retirait son pull. Je m'écartais, fronçant les sourcils. Son visage se crispa alors et il se mordit la lèvre violemment. Un juron lui échappa alors qu'il balançait son pull sur le canapé.

Plus qu'en débardeur, je compris mieux pourquoi ça n'allait pas.

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