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L'infirmière me prit le bras et me fit m'asseoir sur le lit près de son bureau. Je n'étais pas un adepte de l'infirmerie, ça ne devait être que la cinquième fois que je passais en trois ans. Pourtant, le fait qu'elle connaisse mon prénom me perturbait. Je n'avais pas prévenu que je venais, encore moins le professeur. Pendant qu'elle auscultait mon poignet, je la dévisageais sans pouvoir m'en empêcher. C'était louche. Elle grogna, marmonna et se releva pour ouvrir une armoire et en sortit une crème ainsi qu'une bande. Tandis qu'elle me l'appliquait, je ne pus m'empêcher de grimacer. Il n'avait vraiment pas été doux.

- Verdict ? lui demandais-je quand elle se mit à me mettre la bande.

- Une petite foulure qui devrait partir d'ici une semaine. Pas de gestes brusques et dispensé de cours de sport, je vais te faire un mot. Il ne t'a pas loupé dis-donc, marmonna-t-elle ensuite et je fronçais les sourcils.

- Vous parlez de qui ?

- De Connor, lâcha-t-elle comme si cela était tout à fait normal et j'écarquillais les yeux. Il est venu me prévenir que tu allais passer.

- Pourquoi aurait-il fait ça après m'avoir quasiment fracturé le poignet ?, cinglais-je, croyant à une mauvaise blague et elle haussa un sourcil.

- Parce qu'il ne comptait pas autant te faire mal je pense. Il n'a pas un fond méchant, simplement des soucis pour se contrôler, expliqua-t-elle et je ricanais.

- Et donc je devrais l'excuser ?, marmonnais-je avec un petit rire satirique.

- Ça, ce n'est pas à moi de le dire !

Elle se releva et récupéra son carnet sur lequel elle écrit quelques mots avant d'arracher la feuille et de me la tendre. Je l'attrapais, et la remerciais. Mais avant de sortir, elle me rappela et, avec un soupire discret, je lui fis à nouveau face.

- Il tenait à ce que je te dise qu'il est désolé, me dit-elle et je serrais les dents.

- Il réfléchira la prochaine fois avant d'agir, sifflais-je et elle m'offrit une mine peinée.

- Il m'a aussi dit de te donner ça.

Cette fois, je fronçais les sourcils et m'approchais d'elle. Sa main attrapa mon poignet bandé et j'ouvris les doigts. Un métal froid rencontra ma peau et je m'écartais, fixant la bague. Celle de Connor. Évidemment. Mes doigts se refermèrent dessus et je la rangeais dans la poche de ma veste.

- Merci beaucoup.

Elle hocha la tête et je la saluais, rejoignant Arthur qui m'attendait toujours. Son bras passa sur mes épaules et je lui souris. Je lui tendis mon mot d'excuse et il pesta : il allait se retrouver seul en sport. Ça changeait des nombreuses fois où il me lâchait. Je ne lui parlais pourtant pas des excuses de Connor, ni de la bague que j'avais récupéré. Je ne pensais pas qu'il l'a porté toujours. Ce mec était un mystère qui me prenait toujours autant la tête.

À midi, Amalia nous rejoignit devant la cafétéria et on prit un truc à grignoter. Après avoir payé, nous nous installions dans un parc non loin du lycée et je croquais dans mon sandwich alors qu'Arthur se laissait tomber dans l'herbe.

- Alors, ton poignet ?, demanda la jeune femme et je haussais les épaules.

- Une foulure, rien d'important.

- Il va quand-même se manger mon poing dans la tronche, répliqua Arthur et Amalia hocha la tête pour le soutenir. Sans déconner, il aurait pu t'éclater le bras !

- Tu vas trop loin, pouffais-je et il roula des yeux. Laisse tomber va, il ne mérite pas qu'on s'arrête sur son cas. C'est un con, point final.

- Ouais, tu n'as qu'à voir les choses comme ça si ça t'arrange, marmonna mon meilleur ami et je lui lançais un regard amusé avant de mordre à nouveau dans mon repas.

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