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Un an plus tard.

Vendredi.

Je me tournais dans mon lit, la couverture glissant sur mes hanches. Je n'étais aucunement près à affronter une énième journée au lycée. Pourtant, quand je pensais à ce qui se tramait en fin d'année, un sourire étira mes lèvres. Je devais passer mon examen dans quelques semaine, et j'avais plus que hâte de partir loin d'ici, dans une autre ville, loin de tous ces souvenirs, de toutes ces personnes que je croisais chaque jours, loin de ces écoles où j'avais grandi. Simplement loin. Et avec mes meilleurs amis de préférence. Nous avions fait nos vœux ensemble, cherchant où il nous serait préférable d'aller. Une chance que nos études se déroulaient à peu près dans le même secteur.

J'inspirais, non près à sortir de la chaleur de mes couvertures. Pourtant, quand ma mère entra dans ma chambre, ouvrant mes rideaux en grand, je dus me redresser. Ses yeux me foudroyaient et je baillais, conscient d'être insolent. Elle arbora alors un sourire joueur à son tour ; son corps sauta sur le lit et ses doigts se mirent à frotter vigoureusement mes hanches, ma taille, mon cou tandis que j'éclatais de rire, me tortillant pour lui échapper. Je la suppliais d'arrêter ce meurtre mais elle ne m'écoutait pas, continuant son jeu préféré : embêter son unique fils et seul homme à la maison. Mon père nous avait quitté quelque années plus tôt, décédé d'une maladie. Depuis, elle se tuait à la tâche pour moi et mes études futurs. Et je lui rendais du mieux que je le pouvais, tentant de l'aider un maximum. Néanmoins, cela pouvait être dur à certaines périodes...

- Bon, stop ! Sinon je vais être en retard à l'hôpital, souffla-t-elle en venant embrasser mon front. Je rentre ce soir, on se fera une soirée sushis, ça te tente ?

- Bien sur, je les commande et tu passeras les chercher ?

Elle hocha la tête, m'embrassa la joue et sortit de mon cocon avant de partir à son travail. Elle était chirurgienne de haut rang et cela ne nous permettait pas de passer beaucoup de temps ensemble. Alors dès qu'elle avait une soirée de libre, nous nous installions devant la télé et nous discutions. Simplement. Mais il ne nous fallait que ça pour nous retrouver. Je reprenais lentement ma respiration tout en m'étirant de tout mon long, tel un chat. Je fronçais alors les sourcils, me redressant sur mes coudes. Où était Pinouf ? Je fouillais ma chambre du regard et finis par le trouver rouler en boule sur ma chaise de bureau. Mes muscles se détendirent et je sortis de mon lit, enfilant le plus rapidement un jogging.

- Et le chauffage, elle connaît pas ? pestais-je contre ma génitrice.

Nous étions fin avril mais le soleil avait encore beaucoup de mal à se montrer. A la télé, on entendait parler de tempêtes un peu partout dans le pays. Il fallait dire qu'en habitait près des Vosges, il ne faisait pas souvent chaud.

J'enfilais un pull et attrapais le petit chaton que nous avions récupéré un mois plus tôt dans un refuge. Son pelage roux aux longs poils m'avaient fait fondre et sans même nous concerter, ma mère et moi avions décidé que ça serait lui, l'élu de notre cœur. Le prénom fut vite trouvé : Pinouf. Une sottise que nous avions l'habitude de nous dire quand mon père était toujours avec nous et que l'un de nous éternuer. Je souris à ces souvenirs et tout en caressant la boule de poils, je rejoignis la cuisine, prêt à me faire un petit-déjeuner. Or, tout était déjà installé sur la table. Je remerciais ma mère et Pinouf se débattit mollement entre mes mains. Je le reposais et il s'étira, miaulant puis battit retraite sur le canapé. Quel fainéant.

J'attrapais mon verre de jus d'orange et m'assis à table, dévorant chaque petites sucreries qui y étaient déposé. Mon téléphone vibra alors sur le petit bar qui séparait le salon de la cuisine et je levais les yeux au ciel. Qui pouvait bien envoyer un message à sept heures et demi du matin ? La réponse vint rapidement : soit Amalia, soit Arthur. Je secouais la tête et terminais mon repas. J'allais finir par être en retard si je continuais de traîner. Je pris le chemin de ma chambre et m'y habillais chaudement et après un tour dans la salle de bain pour me rafraîchir, je retournais au salon, sac sur les épaules et j'enfilais mes chaussures. Alors que je sortais dehors, je regardais lequel des deux avait pris le temps de m'écrire. Et ce fut ma meilleure amie.

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