Pardon

775 127 17

Leandru serra sa fille plus fort contre lui. Pourquoi son père était-il revenu ?

Antoine Venazzi semblait fatigué, mais il n'avait rien de quelqu'un venu présenter ses excuses.

Quand il aperçut son fils il se leva et il l'observa sévèrement :

- Ta famille a besoin de toi Leandru.

- Ma...famille ?

- Ta mère. Et surtout, ta grand-mère. Tu dois revenir au village.

- Elle est devant toi ma famille. Je rêve ou...ou tu es en train de me demander d'abandonner ma femme et ma fille ?

- Tu sais comme moi que cette situation ne peut pas durer. Tu aurais mieux fait de réfléchir avant...avant de nous trahir.

- De vous trahir ? Mais enfin papa, que t'arrive-t-il ? Je croyais que tu étais un homme censé. Mais tu es si aveuglé par la haine que tu ne te rends même plus compte de ce que tu dis et de ce que tu fais !

Si cela peut te rassurer, oui je viendrai au village pour voir ma grand-mère. Parce qu'elle a su aller au-delà de ses préjugés et qu'elle a compris que finalement toutes ces histoires entre nos deux familles étaient ridicules. Maintenant, j'aimerai que tu partes.

Clemenzia a peur de toi et nous avons besoin de calme, nous avons besoin de nous retrouver rien que Lisa, elle et moi.

Teresa prit alors la parole et elle exprima toute sa déception face à l'attitude de son frère. Elle lui révéla ensuite sa lassitude face aux conflits qui avaient miné sa jeunesse à Merusaglia, son envie de partir loin de son village natal pour ne plus se retrouver au milieu de ces disputes incessantes.

Antoine Venazzi eut alors le sentiment d'être devenu un véritable étranger dans sa propre famille. Comme ses contacts étaient peu fréquents avec sa sœur, il ressentit moins cette sensation de rejet comme avec Leandru.

Entendre son enfant, celui qu'il avait le plus couvé, celui qu'il avait essayé de protéger le plus possible, lui dire d'un ton sec et méprisant qu'il faisait peur à sa propre petite-fille l'avait retourné. Bien plus que ce qu'il imaginait.

Alors il détailla à nouveau attentivement son fils qui tenait Clemenzia dans ses bras et qui était debout à côté d'Elisabetta Casaleccia.

Et la réalité le frappa de plein fouet : Leandru n'était plus un petit garçon, il avait une famille lui-aussi. Une famille qu'il était prêt à défendre envers et contre tous.

Antoine se demanda alors s'il aurait-il accepté que son propre père l'empêche de fréquenter Joséphine et ce qu'il aurait fait si ses parents avaient rejeté Charles à sa naissance.

Alors, il prit son courage à deux mains et d'un ton légèrement emprunté il dit :

- Si tu viens au village, est-ce que ta mère et moi nous...nous pourrons...Enfin, est-ce que tu accepterais de venir à la maison et...nous laisser passer un peu de temps avec...avec Clemenzia ?

Choqué par la demande de son père, Leandru explosa, oubliant un instant qu'il tenait sa fille dans ses bras :

- Tu plaisantes ? Non. Hors de question ! Tu me parles de trahison, d'honneur, tu refuses de me donner ta bénédiction au sujet de mon union avec Lisa et tu...tu oses me demander... tu oses...

La petite voix apeurée de Clemenzia calma aussitôt le jeune homme :

- Papa pourquoi tu es fâché ?

Cum' un cantu di libertaLisez cette histoire GRATUITEMENT !