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Églantine et moi marchons en direction d'un événement lié au monde médiéval. Elle souhaitait absolument bouger ce weekend, à mon grand désarroi...

En amont, un château surplomb la vallée. Il y a des chapiteaux partout. Le temps est plutôt humide et froid, et la boue recouvre nos chaussures. La foule me met mal à l'aise. Des enfants font des tours de poney. J'aimerai bien faire un tour de poney moi aussi. Nous nous arrêtons devant une tente où un homme habillé en tenu de médecin de l'époque nous illustre théâtralement les pratiques de nos ancêtres pour se soigner. Nous découvrons que l'hygiène était bien plus présente au Moyen-Age que ce que nous en disent les médias : Ils se lavaient au savon et avaient une hygiène dentaire convenable. Le bonhomme précise même qu'ils avaient moins de caries que nous. Je ne le savais pas. Églantine est toute émoustillée. J'apprécie sa manière d'être émerveillée d'un rien.

J'ai la goutte au nez. Je me mouche toute les cinq minutes. C'est assez désagréable. Églantine me tire le bras pour m'amener vers un nouveau chapiteau. J'ai très envie de m'asseoir mais je ne veux rien imposer à Églantine. 

Un homme vêtu d'une tenue de chevalier gesticule devant nous.

_ J'ai besoin d'un bourreau et d'un prisonnier ! Qui souhaite venir sur scène ?!

Églantine me pousse vers le type.

_ Lui ! Lui ! S'écrie-t-elle en me montrant du doigt.

Je la déteste !

Le type me tire fermement vers lui par l'épaule.

_ Nous avons notre prisonnier ! Qui veut être le bourreau ?

Un homme se désigne. Nous entrons plus loin sur une scène constituée d'une large dalle en bois. Églantine est pliée de rire. Elle a sorti son téléphone portable, certainement pour prendre des photos ou me filmer. Je me sens ridicule. Le chevalier souhaite que nous portions des tenues pour l'occasion. J'enfile donc un habit en toile de jute puis un bonnet fin. Le bourreau, lui, met une cagoule au sommet pointu, percé de deux trous pour voir.

_ Applaudissez notre prisonnier et notre bourreau !!!

Toute l'assemblée se met à applaudir. Une Jeune femme tire vers nous un pilori en bois et me demande gentiment d'insérer ma tête et mes mains dans les orifices. Je la vois se marrer. Me voilà à présent face aux moqueries du public, juste bon à attendre ma sentence.

_ Damoiselles et damoiseaux ! Pour avoir adultérer à de nombreuses reprises, le damelot est condamné à la peine de mort ! Par notre seigneur et notre Dieu que justice nous soit rendu ! Avez-vous un dernier mot à prononcer avant votre trépas, honteuse merdaille ?

_ J'ai mal au cou !

Quand je pense que les prisonniers pouvaient rester ainsi pendant des jours...

Alors que le chevalier lance un speech sur les exécutions perpétrées au Moyen-Age, je regarde Églantine toute souriante. Elle me fixe puis se met à applaudir rapidement sans faire de bruit, comme pour me donner du courage.

_ Que décidez-vous ? Pendaison ou décapitation ?

Le public crie à l'unisson « pendaison ! » et « décapitation ! ». La décapitation l'emporte...

_ Que l'on donne sa hache à notre bourreau et que l'on amène le maroufle !

L'on me défait du pilori et m'amène près d'un tronc de bois posé à la verticale. Le chevalier me demande de me mettre à genou et d'appuyer la tête contre le tronc et enjoint le bourreau de préparer sa hache. Quand est-ce que ce supplice va-t-il finir ?! Le chevalier demande au bourreau de fortune de maintenir ma tête contre le tronc. Sur demande, le bourreau simule une décapitation. J'espère que la hache est en mousse...

Finalement, couvert d'applaudissements, l'on me relâche et me défait de mon costume. Églantine se jette sur moi.

_ Je crois que je vais te l'acheter ce petit bonnet ! Il t'allait tellement bien !

Nous continuons notre marche vers un petit marché de vente de souvenirs. Je m'arrête devant de petites pièces métalliques ornées de figures et de lettres. J'en achète une.

_ Tiens !

_ Merci ! S'écrie Eglantine en me faisant un baiser.

Elle regarde la pièce et rougie. Qu'est-ce qu'elle a de si surprenante cette pièce ?

_ T'as bien regardé ce qu'il y a d'écrit dessus ?

_ Euh...

Je regarde la pièce et découvre les inscriptions : « denier à marier ». Oups...


LucasLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant