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Casque audio sur les oreilles, je suis absorbé par un vidéoclip musical que je passe en boucle depuis au moins une demi-heure. J'augmente le volume du son. Au fond de moi, je sais. Je sais que je suis proche. Proche d'avoir une relation amoureuse. Ça ne fait plus aucun doute dans mon esprit. Je suis à la fois effrayé et fasciné par cette perspective. J'ai envie de voir un film romantique. Je n'en connais pas beaucoup.

J'observe mon carnet situé à quelques centimètres de ma main droite. Mes idées sont trop confuses pour réfléchir. Je ressens des émotions s'entremêlées dans ma cage thoracique et remonter jusqu'à ma tête. Elles sont lourdes mais enivrantes. Le visage d'Églantine est figé devant mes yeux. Chaque image, chaque couleur, chaque son diffusé par le vidéoclip me rappellent un détail de son corps ou de sa personnalité. Je suis dans une sorte de transe hypnotique. Je me laisse porter. Je ferme les yeux et me mets à soulever mes bras et à les faire tournoyer lentement dans les airs comme un chef d'orchestre. Je balance ma tête de droite à gauche. La musique est tellement forte que je commence à avoir mal aux oreilles. Mais je me laisse bercer. 

Ce que je fais est insensé. Je ne me reconnais plus. C'est une partie de moi que je refoule qui s'exprime ce soir. Ça me détend. Je pourrais rester comme ça pendant des heures. La partie la plus logique de mon esprit me traite d'imbécile. Elle me dit que c'est un spectacle pitoyable. Elle me rappelle que je ne suis pas encore en couple et que ce comportement est puéril. Elle me secoue avec force. Non, pas ce soir. Ce soir je ne veux pas être logique. Je veux rêver. Je veux croire que c'est possible. Je veux croire que j'ai le droit d'être aimé.    

LucasLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant