Explications

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Son bébé, son enfant, sa fille...

Si petite, si vulnérable...

Il ne laisserait jamais personne la faire souffrir, il la protègerait, et il savait qu'il serait capable de tuer pour elle, de mourir pour elle.

Lorsque Martin avait saisi Clemenzia, Leandru avait ressenti une rage telle qu'il n'en avait jamais éprouvé auparavant.

Il venait à peine de retrouver son enfant, il était hors de question que ce moins que rien lui fasse du mal.

Chez les Versini, Leandru n'avait cessé d'observer Clemenzia, ses petites mains, ses joues rebondies, ses longs cils, sa petite bouche, ses boucles brunes...

Comme sa mère auparavant, elle avait déboulé dans sa vie telle une tornade et comme sa mère, elle lui avait volé son cœur dès qu'il avait posé ses yeux sur elle.

Si Pierre n'était pas intervenu, il ne se serait pas arrêté, il le savait. Et il n'aurait eu aucun remord face au cadavre de Martin. Cet homme voulait forcer Elisabetta à devenir son épouse après avoir tenté de la violer, puis, il les suivait jusqu'à Corti et il s'en prenait à leur enfant. Leandru ne pouvait en supporter plus.

Il ne cessait de se débattre pour essayer d'échapper à l'étreinte de son oncle tout en hurlant vers Martin Giacobi mais quand il vit arriver quatre gendarmes il se tut immédiatement.

Leandru savait qu'il pouvait être inculpé de coups et blessures volontaires et, sachant qu'Elisabetta observait la scène depuis l'intérieur de la maison de son oncle et de tante, il pria intérieurement pour qu'il ne soit pas arrêté sous ses yeux.

L'un des gendarmes, sans doute le chef, s'approcha et, tout en regardant Leandru sévèrement, il désigna Martin de la main :

- Vous avez frappé cet homme ?

Le jeune homme préféra ne pas nier son geste et il acquiesça de la tête.

Le gendarme se tourna vers Leandru et il lui demanda pourquoi il avait agi avec une telle violence.

- Parce qu'il s'en est pris physiquement à ma fille de deux ans.

- Votre fille ? Où est-elle à présent ?

- Là-bas, avec ma compagne et ma tante. Elles ont vu toute la scène, elles pourront vous le confirmer.

Croyant intervenir pour une simple bagarre entre deux hommes éméchés, le gendarme appela ses collègues en renfort.

Deux hommes aidèrent Martin à se relever et ils lui demandèrent de confirmer les dires de Leandru.

D'un air effaré ils l'écoutèrent confirmer le récit de son ennemi sans même s'excuser pour son geste.

Leandru expliqua ensuite la tentative de viol dont Elisabetta avait été victime et l'un des gendarmes lui demanda de les suivre pour qu'il puisse faire une déposition.

Considérant la gravité des faits commis par Martin Giacobi, ce dernier fut immédiatement privé de liberté. Pour Leandru, les choses étaient plus compliquées : s'il avait agi pour protéger sa fille, il n'en avait pas moins agressé violemment un autre homme.

Son audition dura plus de deux heures : avec une certaine méfiance, Leandru expliqua comment Elisabetta et lui avaient fini par se rapprocher malgré la haine que se vouaient leurs familles respectives puis, il ne put cacher sa colère lorsqu'il évoqua ce mariage à Corti où, cinq ans auparavant, Martin avait tenté de violer Elisabetta.

Cum' un cantu di libertaWhere stories live. Discover now